N° 287
du 03/02/2004

 

Côte d'Ivoire

Préparatifs avant le voyage du président Gbagbo en France
Le président Laurent Gbagbo et le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin ont scellé le 1er février à Abidjan la «réconciliation» entre la France et la Côte d’Ivoire, se rendant mutuellement hommage pour leurs efforts dans la résolution de la crise ivoirienne déclenchée en septembre 2002.
La fin du désamour entre la France et son ex-colonie, marqué par de longs mois de «froid» diplomatique et émaillé de violentes manifestations anti-françaises à Abidjan, devrait être consacrée à Paris, lorsque le président Jacques Chirac recevra Laurent Gbagbo pour une visite de travail.
La courte escale ivoirienne de Dominique de Villepin était autant destinée à «faire le point sur le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire un an après la signature de l’accord» de paix de Marcoussis, qui avait exacerbé les tensions entre les deux pays, qu’à préparer la venue du président ivoirien en France.
Mission réussie si l’on en croit les déclarations du président Gbagbo à l’issue d’un tête-à-tête d’une trentaine de minutes: «Nous sommes plus que jamais déterminés à aller dans la sortie de crise, la France et la Côte d’Ivoire marchent la main dans la main pour faire le dernier pas qui reste». «J’avais demandé aux Ivoiriens de se serrer les coudes pour qu’on sorte de la crise. Nous allons en sortir, la France nous appuie amicalement», a-t-il souligné.
Le ministre français des Affaires étrangères s’est quant à lui félicité «du chemin accompli» depuis la signature des accords de Marcoussis, rendant un hommage appuyé à la «détermination» du président Gbagbo. «J’étais il y a un an à Abidjan. Abidjan vivait sous la tension, sous couvre-feu, et je peux mesurer aujourd’hui le chemin qui a été parcouru», a-t-il dit.
«Ce pays travaille, ce pays avance, ce pays a à nouveau un avenir, et ça, ce n’est pas possible sans la détermination du chef de l’Etat ivoirien, de tous les Ivoiriens, de toutes les forces», a martelé M. de Villepin.
«Malgré les incompréhensions, malgré les troubles d’une partie de la population à Abidjan conduisant aux événements des 25 et 26 janvier (violentes manifestations anti-françaises, ndlr), malgré les accusations contre la France, malgré les retards dans l’application des accords, les progrès vers la paix promis par les accords ont été réalisés», avait-il rappelé deux heures plus tôt, devant les représentants de la communauté française à Abidjan.
«La réconciliation est en marche, chaque Ivoirien, chaque homme politique perçoit clairement ce qu’il a à gagner d’un processus conduisant à des élections libres, transparentes ouvertes à tous» prévues en octobre 2005, a résumé M. de Villepin

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