N° 288
du 17/02/2004


Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire - ONU
En attendant les casques bleus
Le mandat de la MINUCI est prolongé jusqu’au 27 février
Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé le 4 février le mandat de l’actuelle mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (MINUCI), repoussant à plus tard la mise en place d’une force de Casques bleus voulue notamment par la France et les pays de la région.
La résolution 1527, adoptée à l’unanimité, prolonge jusqu’au 27 février le mandat de la MINUCI mise en place l’année dernière, de même que l’autorisation donnée aux pays de l’Afrique de l’ouest et à la France d’y maintenir des troupes pour y assurer l’ordre.
La résolution a demandé également au secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, de «préparer le déploiement d’une possible opération de maintien de la paix dans les cinq semaines» suivant la prise d’une décision en ce sens par le Conseil.
Ce déploiement, précise en effet la résolution, «dépend d’une décision du Conseil de sécurité sur le renforcement de la présence des Nations Unies en Côte d’Ivoire».
M. Annan avait suggéré début janvier qu’une force de maintien de la paix de l’ONU d’un peu plus de 6.000 hommes prenne le relais du contingent fourni par la Communauté économique des pays de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
La mise en place de cette force, demandée par la CEDEAO et activement poussée par la France, s’est heurtée jusqu’à présent aux réticences des Etats-Unis qui ont mis en cause non seulement ses modalités techniques et notamment ses effectifs, mais aussi sa nécessité.
«Cette résolution est la dernière étape avant la création le 27 février de la mission, et son déploiement début avril», a affirmé l’ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Marc de La Sablière.
Après un entretien le 6/02 à New York avec son homologue américain , Colin Powell, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, s’est déclaré «confiant» sur la création rapide par le Conseil de sécurité de cette mission de maintien de la paix pour la Côte d’Ivoire.
«Je suis convaincu que les Nations Unies prendront une décision d’ici à la fin du mois», a encore déclaré le ministre français, faisant allusion au fait que le dossier devait revenir devant le Conseil de sécurité le 27 février.

Par ailleurs, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a recommandé le déploiement en Côte d’Ivoire d’une force de police civile de l’ONU de 350 hommes, de juristes et d’experts des conditions pénitentiaires.
Ces recommandations, présentées dans un rapport au Conseil de sécurité, complètent et s’ajoutent à la demande de création d’une force de maintien de la paix en Côte d’Ivoire d’un peu plus de 6.000 hommes.
Le rôle des policiers civils de l’ONU déployés dans le sud de la Côte d’Ivoire contrôlé par les autorités légales, serait, selon le rapport de Kofi Annan, «de conseiller le gouvernement sur la restructuration de la gendarmerie et de la police nationale».
Ils seraient aussi chargés, selon le rapport, «d’observer les activités des forces de l’ordre» afin «de prévenir les excès et les atteintes au droit et aider la police et la gendarmerie à faire preuve de davantage de professionnalisme».
Dans le nord de la Côte d’Ivoire sous contrôle rebelle ainsi que dans la «zone de confiance» les séparant des forces régulières, les policiers civils de l’ONU, auraient «un rôle déterminant dans le rétablissement de la confiance de la population, de façon à faciliter le retour effectif de la police (ivoirienne) dans cette partie du pays».
L’équipe de juristes, comptant au plus cinq fonctionnaires internationaux serait chargée de «suivre l’évolution sur les plans législatif, judiciaire et administratif (...) notamment l’administration de la justice et le processus national d’identification».
L’équipe des spécialistes pénitentiaires (9 personnes), selon le rapport, devrait pour sa part fournir «en collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux, appui et avis pour rétablir le système pénitentiaire dans les régions tenues par les rebelles» et, dans le nord, améliorer les conditions de détention afin qu’elles soient «plus sûres et plus humaines».

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