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| Le président Laurent Gbagbo
s’est déclaré «comblé» par ses retrouvailles
avec la France mais n’a pas confirmé publiquement à
Paris son engagement à appliquer l’accord de réconciliation
nationale, s’en tenant au désarmement des rebelles et à
l’aide économique. «Nous sommes arrivés devant un point incontournable, c’est la question du désarmement. Nous avons fait beaucoup d’efforts, tout ce qui suit dépend du désarmement. Le président Chirac et moi nous sommes d’accord là-dessus», a d’abord déclaré le président Gbagbo dans la cour de l’Elysée, après son déjeuner avec M. Chirac. Puis il a ensuite évoqué ses besoins d’aide internationale, pour une économie asphyxiée par la guerre civile dans un pays toujours coupé en deux. «Le futur proche c’est la sortie définitive de la crise, nous avons demandé naturellement à la France de nous appuyer auprès des institutions financières, le FMI, la Banque mondiale, ainsi qu’auprès de l’Union européenne. Pour le futur lointain, nous avons parlé d’un certain nombre de projets qui intéressent la Côte d’Ivoire et l’ensemble de l’Afrique de l’ouest», a-t-il ajouté. Mais à aucun moment, dans sa courte déclaration, le président ivoirien, qui attendait depuis plusieurs mois cette rencontre avec Jacques Chirac, n’a évoqué son engagement à appliquer l’accord de réconciliation nationale inter ivoirien signé le 24 janvier 2003 à Marcoussis, toujours pas concrétisé, malgré les demandes de Paris. L’Elysée a indiqué que «le sentiment que nous avons est qu’une étape importante a été franchie dans le processus de réconciliation. Mais il faut poursuivre la mise en œuvre des accords». Selon sa porte-parole, Catherine Colonna, M. Chirac «a souligné à ce titre que le programme DDR (démobilisation, désarmement, réinsertion) est une priorité. Ce sera en effet un élément décisif de la poursuite de la consolidation du processus». Le porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé Ladsous a indiqué «qu’en parallèle (du désarmement) il importe que les textes législatifs» prévus par Marcoussis «entrent en application dans les meilleurs délais. Ils doivent conduire à des élections libres, transparentes et ouvertes à tous». Mais le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, «IB», a déclaré au dernier jour de la visite de Gbagbo à Paris que les Forces nouvelles ne désarmeront pas avant un déploiement de Casques bleus des Nations unies. «Il n’y aura pas de désarmement sans les Casques bleus. Gbagbo n’est pas une garantie», a-t-il dit lors d’une conférence de presse tenue dans un hôtel parisien. «Nous avons besoin de l’implication sincère de la France et de l’Onu pour rassurer nos combattants et qu’ils désarment», a-t-il poursuivi avant de demander «à la France de faire attention à ce que Gbagbo lui a promis. Il y a un piège». Pour «IB», l’important est la «stricte application de Marcoussis avant les élections de 2005. Il faut réformer le code de nationalité, les conditions d’éligibilité, recenser la population pour de bonnes élections». C’est aussi ce que des parlementaires ivoiriens sont venus dire à leurs homologues français à Paris en «insistant sur les réformes fondamentales, notamment les lois qui permettront d’évacuer le contentieux qualifié d’ivoirité», selon le chef de la délégation et président de la Commission des Relations extérieures, Youssouf Bakayoko. Prudence et satisfaction dans la presse ivoirienne La presse ivoirienne a semblé partagée entre prudence et satisfaction au lendemain de la rencontre à Paris entre Laurent Gbagbo et Jacques Chirac. Notre Voie, journal du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, a titré en Une: «Désarmement immédiat des rebelles, Chirac d’accord avec Gbagbo». D’où vient cette certitude de Notre Voie ? Seul le journal doit le savoir. «Le président ivoirien a fait admettre à Jacques Chirac la nécessité de passer au désarmement immédiat des rebelles en Côte d’Ivoire», qui doit également concerner les forces loyalistes mais dont les modalités n’ont pas encore été arrêtées, a écrit l’envoyé spécial du journal. Pour Le Temps, proche de la présidence ivoirienne, «les hommes politiques ivoiriens ont raté un rendez-vous avec l’histoire et avec eux-mêmes, ces jours-ci à l’occasion de la visite du numéro un Ivoirien en France». «La rencontre de ce dernier avec le président Chirac confirme le rejet majoritaire par la communauté hexagonale de la rébellion armée comme mode d’expression, et ce, quelles que soient les motivations», a écrit Le Temps. Pour sa part, 24 Heures (indépendant) a écrit à sa Une: «Gbagbo fait le show, Chirac prudent». «Si Laurent Gbagbo a ouvertement requis du parrain français son intervention auprès des bailleurs de fonds pour débloquer de l’aide internationale, une aide de plus en plus vitale pour la Côte d’Ivoire, il reste que rien n’est vraiment acquis du côté de l’Elysée», a estimé le quotidien. «Echaudé par 15 mois d’impasse politico-militaire en Côte d’Ivoire, Jacques Chirac a semblé choisir la carte de la prudence», a poursuivi 24 Heures. Le Patriote, quotidien du Rassemblement des Républicains (RDR), le principal parti d’opposition d’Alassane Ouattara, s’est interrogé : «Gbagbo va-t-il rouler Chirac?» Et Le Patriote d’écrire : «Laurent Gbagbo n’a pas, c’est sûr, la confiance totale du président Chirac qui, comme un chat échaudé craint l’eau froide, craint les larges sourires de Gbagbo». 14 opposants Ivoiriens interpellés en marge de la visite de Gbagbo Quatorze opposants ivoiriens ont été interpellés le 6 février à Paris alors qu’ils tentaient de manifester près de l’Elysée au moment où Jacques Chirac recevait son homologue ivoirien. Les quatorze manifestants ont tenté de se rassembler près du palais présidentiel et d’y déployer une banderole avant d’être interpellés par la police |
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