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| Des centaines de «jeunes
patriotes», farouches partisans du président Gbagbo,
et des membres du syndicat étudiant FESCI ont molesté
le 9 mars des magistrats et des journalistes devant le palais de justice
pour s’opposer à la prise de fonctions de deux hauts magistrats
récemment nommés par la ministre de la Justice Henriette
Diabaté, qui est également numéro 2 du Rassemblement
des Républicains (RDR), le parti d’opposition d’Alassane
Ouattara. Malgré la présence de policiers, dont des renforts de CRS, certains manifestants ont réussi à pénétrer dans le palais de justice où plusieurs magistrats se sont fait tabasser, ainsi que des journalistes ivoiriens. L’un des magistrats, Olivier Grah Ange, a dû être hospitalisé. En prévision de cette manifestation, des CRS avaient été déployés autour du palais, mais ils n’ont rien fait pour empêcher les manifestants les plus excités de se livrer à une «véritable chasse aux magistrats» dans les couloirs du palais. Comme la plupart des quotidiens ivoiriens, le Courrier a souligné que des magistrats ont été tabassés «sous l’œil approbateur de la police qui n’a daigné apporter secours à personne en danger». Pour protester contre ces violences, les magistrats ivoiriens ont effectué une «semaine morte». «Il est inadmissible que des agents de l’ordre commis à la sécurité des magistrats et de l’institution judiciaire fassent preuve d’une inertie coupable et parfois même accompagnent les agresseurs dans les bureaux des magistrats pour les en déloger», avaient protesté dans un communiqué l’Union des magistrats de Côte d’Ivoire (majoritaire) et le syndicat des magistrats, exigeant qu’ «une enquête soit diligentée» et que «des poursuites pénales soient immédiatement engagées contre tous les auteurs, les complices et les commanditaires» de ces actes. Les deux magistrats désignés par la chancellerie ont finalement été installés le 10 mars et sous haute protection policière. |
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