N° 291
du 06/04/2004

Côte d'Ivoire

L’ONUCI arrive
Début théorique et symbolique du déploiement des Casques bleus
L’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a officiellement débuté le 4 avril avec le passage sous Casque bleu des 1.300 soldats ouest-africains déjà déployés dans le pays.
Le Conseil de sécurité de l’ONU avait décidé, le 27 février dernier, de déployer dans le pays, coupé en deux depuis le déclenchement d’une rébellion armée en septembre 2002, une force de maintien de la paix de 6.240 hommes dotés d’une autorisation de recours à la force.
Seuls quelques dizaines d’officiers onusiens sont pour l’instant à pied d’œuvre.
En attendant l’arrivée des autres contingents (Bangladesh, Maroc, Pakistan, et Ukraine notamment), qui devrait s’échelonner jusqu’en juillet 2004 selon la résolution 1528 du Conseil de sécurité, la présence de l’ONUCI est assurée par les soldats de la MICECI, la Mission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO), déployée depuis début 2003 en Côte d’Ivoire.
Chargé, aux côtés de 4.000 soldats français de l’Opération Licorne, de surveiller le cessez-le-feu conclu entre forces loyalistes et ex-rebelles, le gros des troupes de la MICECI est jusqu’à présent déployé le long d’une «zone de confiance» démilitarisée, qui coupe la Côte d’Ivoire d’est en ouest, pour séparer les ex-belligérants.
Le mandat de l’ONUCI est d’encadrer le laborieux processus de réconciliation issu des accords de paix de Marcoussis, signés en France en janvier 2003 par les principaux partis politiques et les rebelles. Cette tâche s’avère encore plus compliquée après les violences meurtrières du 25 mars à Abidjan.
Le mandat de l’ONUCI autorise, voire contraint, ses Casques bleus à faire usage de la force pour protéger les populations civiles dont la vie serait directement menacée.
Etant donné leur effectif et leur répartition géographique actuelle, on ignore cependant s’ils seraient en mesure d’intervenir au cas où de nouvelles violences embraseraient Abidjan.
«Le dispositif des Casques bleus ouest-africains peut et sera sans doute modifié pour en ramener une partie à Abidjan, mais ce sera un processus progressif et lent», a estimé une source onusienne.
Quant aux soldats français de l’Opération Licorne, présents en Côte d’Ivoire sous mandat de l’ONU, ils resteront sur le terrain mais ne seront pas intégrés aux Casques bleus, pour lesquels ils joueront le rôle de «force d’intervention rapide».
La principale mission de l’ONUCI et des forces françaises reste à ce jour de «surveiller l’accord de cessez-le-feu du 3 mai 2003» - plus vraiment remis en cause depuis des mois - et d’assister le gouvernement ivoirien dans la mise en œuvre du Programme de désarmement, démobilisation et réinsertion des combattants (DDR). Mais ce dernier point ne semble plus d’actualité dans un contexte politique des plus délétères.
"Il est crucial que toutes les parties ivoiriennes se rappellent que les Nations Unies viennent pour aider le peuple ivoirien. Non pour imposer la paix mais pour aider à la maintenir", a déclaré M. Annan dans un message rendu public au siège de l'organisation à New York.

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