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| Les réactions intérieures Les partis d’opposition et les ex-rebelles ont exigé «avant toute reprise du dialogue» après les violences du 25 mars à Abidjan que leur soit reconnu le droit de manifester, inscrit selon eux dans la Constitution. «Avant toute reprise du dialogue, nous exigeons la reconnaissance du droit constitutionnel à marcher» et l’abrogation du décret présidentiel interdisant toute manifestation publique jusqu’au 30 avril, a affirmé Alphonse Djédjé Mady, secrétaire général du PDCI et «président du directoire» du G7, les sept mouvements qui refusent toute discussion avec le président Gbagbo depuis la violente répression de leur «marche pacifique» du 25 mars. «Nous sommes ouverts au dialogue mais pas à n’importe quelle condition (...) Nous nous donnons le temps de faire le deuil de nos morts», a ajouté M. Djédjé Mady à l’issue d’une réunion des principaux partis d’opposition, parmi lesquels le PDCI, le RDR (principal parti d’opposition), l’UDPCI (parti fondé par le défunt général Gueï) et les Forces nouvelles (ex-rébellion). Côté pouvoir, Miaka Oureto, le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI, le parti de Laurent Gbagbo ), a estimé sur la télévision nationale que la manifestation du 25 mars était une «tentative d’insurrection armée» plutôt qu’ «une marche pacifique». Les réactions internationales Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a demandé au président Gbagbo de «coopérer pleinement avec la commission d’enquête internationale chargée d’examiner les événements du 25 mars». Dans un message lu par son représentant en Côte d’Ivoire, Albert Tévoedjrè, M. Annan a exhorté également le chef de l’Etat à «garantir que toutes les libertés civiques et politiques seront rétablies sans retard». Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, a exprimé «sa très sérieuse préoccupation concernant les informations relatives à l’implication dans ces exactions d’éléments civils irrégulièrement armés aux côtés des forces de défense et de sécurité». Et l’ancien président sénégalais de dénoncer une «violation caractérisée des droits de l’Homme et des libertés». La France a condamné «fermement» les «très graves incidents» qui ont fait «de nombreuses victimes» à Abidjan, appelant toutes les parties à leurs «responsabilités» et «au respect des accords de Marcoussis», dans une déclaration du ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin. «Toute la lumière doit être faite dans les meilleurs délais. Les responsabilités de chacun doivent être clairement établies et les conséquences définitivement tirées», a poursuivi le ministre ajoutant : «Une commission d’enquête est indispensable. La France appuie la demande faite en ce sens par le Comité de suivi des accords de Marcoussis». Le gouvernement américain s’est déclaré «particulièrement» inquiet des «exécutions sommaires» qui ont eu lieu à la suite de la manifestation interdite du 25 mars et demandé l’ouverture rapide d’une enquête, dans un communiqué diffusé par l’ambassade américaine à Abidjan. «Les rapports selon lesquels nombre de morts ne sont pas le résultat d’affrontements de rues mais plutôt d’exécutions sommaires dans les jours qui ont suivi la marche du 25 mars nous inquiètent tout particulièrement», a indiqué le gouvernement américain qui a demandé une enquête internationale rapide. Le texte a déploré par ailleurs «l’impunité dont jouissent certains groupes qui commettent des actes violents contre les personnes et les biens et répandent la peur et la haine» et Washington en a appelé au gouvernement ivoirien «pour qu’il arrête ces groupes». Pour la première fois, la présidence malienne a haussé le ton dans un communiqué, alors qu’au moins dix ressortissants maliens, dont un imam, ont été tués au cours des violences survenues depuis le 25 mars à Abidjan. «Suite aux douloureux événements en République de Côte d’Ivoire, le Mali est fortement préoccupé pour la sécurité de ses nombreux ressortissants dans ce pays voisin», a écrit la présidence dans un communiqué. La presse du Burkina Faso a dénoncé elle «le silence et l’inertie» de la communauté internationale après ces violences. «Tout comme les précédents charniers, les actuelles tueries n’ont suscité chez le président français que regrets, tandis que Kofi Annan appelle à la retenue», a déploré le quotidien privé Le Pays. «Faudrait-il que tout le peuple ivoirien soit en voie d’extinction pour que les apôtres onusiens de la paix, comme médecin après la mort, accourent avec des larmes de crocodiles», a encore fustigé Le Pays, pour qui «les pauvres citoyens ivoiriens vont devoir vivre seuls leur calvaire la mort dans l’âme, en attendant que tous ceux qui prétendent œuvrer pour la paix en Côte d’Ivoire cessent leurs jérémiades et trouvent un antidote à la politique de l’autruche du régime (ivoirien)». La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), ONG basée à Dakar, a demandé la création d’un tribunal pénal international sur les crimes commis en Côte d’Ivoire depuis 2000, afin de «mettre un terme au cycle infernal de la violence et de l’impunité». Dans un communiqué, la Raddho a condamné «les exactions et les assassinats commis (depuis le 25 mars à Abidjan) par les forces de l’ordre et les milices armées» qui, a écrit l’ONG, «ont fait près de 300 victimes». «Aujourd’hui, l’Etat ivoirien est faible et a perdu toute légitimité, parce qu’incapable de s’attaquer au cancer de l’impunité en enquêtant sur les crimes et en jugeant leurs auteurs, de contrôler les actions des milices, de certaines forces de l’ordre...», a poursuivi la Raddho. |
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