Afrique Express N° 98 du 15 octobre 1995
Le chef d'état-major des Forces armées nationales de
Côte d'Ivoire (FANCI), le général Robert
Gueï, a été nommé samedi 21 octobre,
veille du scrutin présidentiel, ministre du Service civique.
Il est remplacé par son adjoint, le capitaine de vaisseau
Lassana Timithé.
Des dissensions survenues entre l'état-major et la
Présidence sur l'utilisation de l'armée dans les
opérations de maintien de la paix en période
électorale sont de toute évidence à l'origine de
ce changement d'affectation.
Trois jours avant le vote, les autorités avaient
annoncé que les Forces armées seraient désormais
"plus étroitement engagées dans les actions
ponctuelles de maintien et de rétablissement de l'ordre
républicain".
Dès le lendemain de cette annonce, plusieurs journaux
ivoiriens avaient évoqué l'éventualité de
l'instauration de l'état d'urgence en Côte d'Ivoire.
L'armée fut effectivement déployée dans
plusieurs villes de l'intérieur du pays, notamment dans
l'ouest, réputé favorable à l'opposition.
En septembre, le général Gueï avait publiquement
réagi après que la presse ivoirienne eut mis en cause
l'armée lors d'affrontements entre manifestants et forces de
l'ordre à Abidjan.
"L'armée n'intervient que lorsque la République est
en danger", avait souligné le chef d'état-major au
cours d'une conférence de presse. "Nous avons
exprimé des voeux à certains responsables pour
que le dialogue soit effectif entre ceux qui gouvernent et ceux qui
sont gouvernés", avait-il ajouté.
"Dès l'instant que la compréhension guide
déjà les pas de chacun, les décisions de chacun,
qu'il soit du parti au pouvoir ou de l'opposition, je ne vois pas les
raisons pour l'armée de s'exciter dans la rue", avait-il
conclu.