- 1945 : Houphouët-Boigny est
élu député à l'Assemblée constituante
française
- 9 avril 1946 : création du PDCI (Parti démocratique
de Côte d'Ivoire) par 34 personnes, pour la plupart syndicalistes
paysans, dans un bar de Treichville à Abidjan, l'Etoile du
Sud.
- 1946 : Houphouët-Boigny est
nommé ministre du gouvernement de la IVè république
française
- 27 au 31 octobre 1947 :
congrès constitutif du PDCI-RDA (Parti démocratique de
Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain), à
Abidjan
- 1957 : victoire aux législatives du PDCI-RDA.
Auguste Denise, secrétaire général du parti,
est nommé vice-président du Conseil de gouvernement, qui
est présidé par le gouverneur français, de Nattes.
- 1958 : référendum dans les colonies françaises
d'Afrique. La Côte d'Ivoire vote pour le "oui" qui accorde aux
anciennes colonies le statut de républiques au sein de la communauté
française.
Auguste Denise est nommé Premier ministre du gouvernement, Jean-Baptiste
Mockey est ministre de l'Intérieur, Ernest Bocka,
ministre de l'Enseignement
- 1959 : Houphouët-Boigny quitte
son poste de ministre du gouvernement français et est nommé
Premier ministre du gouvernement ivoirien
- 14 mars 1959 : le congrès
constitutif du JRDA-CI (Jeunesse du Rassemblement démocratique
africain- section Côte d'Ivoire), emmené par Amadou
Koné, prend ses distances vis-à-vis d'Houphouët-Boigny.
Au 3ème Congrès du PDCI-RDA, les hommes d'Houphouët-Boigny,
dont Auguste Denise son mis en minorité. Jean-Baptiste Mockey,
vice-Premier ministre, est élu secrétaire général
du parti.
On trouve alors une tête de chat noir enterrée dans
les jardins de la maison d'Houphouët à Yamoussoukro. Les
procès en sorcellerie vont commencerÉ
- 2 novembre 1959 : Jean-Baptiste
Mockey est évincé de son poste de S.G. du PDCI, puis éjecté
l'année suivante comme ambassadeur à Nicosie.
- 7 novembre 1959 : loi sur l'état d'urgence
- 7 août 1960: Félix
Houphouët-Boigny, 54 ans, alors Premier ministre, proclame l'indépendance
de la Côte d'Ivoire, jusqu'ici membre de la Communauté
franco-africaine créée par le général de
Gaulle en 1958.
- 3 novembre 1960 : La constitution
est promulguée, établissant un régime de type présidentiel.
Le 27, Houphouët-Boigny est élu à la quasi-unanimité,
premier président de la République ivoirienne. Il sera
par la suite constamment réélu.
- Janvier et août 1963:
Des mesures d'épuration sont prises à la suite de deux
présumés complots contre le pouvoir. La prison spéciale
d'Assabou est créée à Yamoussoukro,
le village natal d'Houphouët-Boigny, pour accueillir les "comploteurs".
Elle fera le plein jusqu'en 1967, et ne sera détruite qu'en 1969.
Au congrès du PDCI, en 1963, le jeune Konan Bédié
est présenté comme un modèle à l'opposé
des militants et autres intellectuels du JRDA-CI qui remplissent la
prison d'Assabou.
Début janvier 1963, l'Assemblée vote une loi portant création
d 'une cour de sûreté de l'Etat.
Trois ministres (Joachim Bony, Charles Donwahi et Amadou Koné,
le fondateur des JRDA-CI) sont relevés de leurs fonctions. Ils
rejoindront quelques jours plus tard, plus de cent personnes dont cinq
députés, à la prison de Yamoussoukro. Le "modèle"
ivoirien" prend forme.
Philippe Yacé, secrétaire général
du PDCI et président de l'Assemblée nationale se déchaîne
contre les "fauteurs de troubles" (On comprend mieux son amertume et
sa fronde anti-Bédié, lorsque le "vieux" ne lui a pas
transmis le pouvoir, avant sa mort.).
Houphouët-Boigny rappelle Jean-Baptiste Mockey pour le nommer "président
de la cour de sûreté de l'Etat".
Ernest Bocka, alors président de la cour suprême,
démissionne pour protester contre ces multiples arrestations.
- 9 avril 1963 : 89 inculpés
sont jugés par la cour de sûreté de l'Etat qui prononce
cinq condamnations à mort (peines qui ne seront pas exécutées,
du moins "officiellement").
- Fin 1963 : Houphouët-Boigny
crée une milice du parti de près de 6000 hommes,
pour la plupart baoulés, l'ethnie du président. Le "modèle"
ivoirien prend du poids.
Obsédé par les complots, Houphouët-Boigny fait envoyer
en prison beaucoup de monde : Ernest Bocka (mort sans explication),
Jean-Baptiste Mockey (septembre 1963), son ministre de la justice, Germain
Coffi Gadeau, celui de l'Information, Amadou Thiam, et bien
d'autres.
- -Décembre 1964 : la cour
de sûreté qui juge 96 inculpés prononce six condamnations
à mort, dont celle de Jean-Baptiste Mockey, qui sera gracié
par la suite.
- 7 novembre 1967: Abidjan et Moscou
établissent des relations diplomatiques, la Côte d'Ivoire
devenant l'un des premiers pays africains à entretenir des relations
avec l'URSS. Rompues en mai 1969, en raison de l'immixtion de Moscou
dans les affaires intérieures, les relations ne seront rétablies
qu'en février 1986.
- 14 mai 1968: La Côte d'Ivoire
reconnaît le régime sécessionniste biafrais,
lors de la guerre civile au Nigeria. Lagos rompt ses relations avec
Abidjan (rétablies en 1971). En janvier 1970, le Général
Ojukwu, ancien chef du Biafra, trouve refuge en Côte d'Ivoire.
- 1970 : le massacre du Gébié.
M. Kragbé Gnagbé, originaire du canton de Gébié
avait voulu créer un parti politique. Pour toute réponse,
Houphouët-Boigny envoie l'armée qui massacre la plupart
des habitants de ce canton de l'Ouest, en pays Bété.
Aujourd'hui encore, les fosses communes font office de lieu de
pèlerinage. Henri Dassé, député FPI,
a demandé dans les années 90 la constitution d'une commission
d'enquête sur cette tuerie qui avait fait 4.000 morts, arguant
du fait que "des responsables du massacre sont toujours là".
- 4 novembre 1970: Houphouët-Boigny
est le premier chef d'Etat noir à préconiser le dialogue
avec l'Afrique du Sud. Cette politique de rapprochement aboutira
à une rencontre historique, le 21 septembre 1974 à Yamoussoukro,
entre le Premier ministre sud-africain John Vorster et le président
ivoirien.
- 18-19 mars 1978 : Sommet de la
réconciliation au Liberia entre la Côte d'Ivoire,
le Sénégal et la Guinée. Dakar et
Abidjan avaient refusé de livrer des Guinéens impliqués
dans l'attaque contre Conakry en novembre 1970, menée par l'armée
portugaise et des éléments hostiles au régime guinéen.
- 24 septembre 1979 : Après
avoir accueilli à maintes reprises des chefs d'Etat renversés,
la Côte d'Ivoire, accueille pendant quatre ans l'ancien empereur
Bokassa de Centrafrique.
- 1er octobre 1980 : suppression
du poste de secrétaire général du PDCI, détenu
depuis 15 ans par Philippe Yacé, longtemps considéré
comme "dauphin" d'Houphouët-Boigny qui assume désormais
la présidence du parti.
- 9-13 juillet 1981 : Houphouët-Boigny
est le premier chef d'Etat africain à être reçu
à Paris par le président Mitterrand, nouvellement
élu.
- 21 mars 1983: Yamoussoukro,
village natal d'Houphouët-Boigny, devient la capitale du
pays.
- 12 octobre 1985 : le poste de
vice-président, jamais pourvu, est supprimé. En cas de
vacance du pouvoir, l'intérim sera désormais assuré
par le président de l'Assemblée nationale.
- 7 février 1986: Rétablissement
des relations diplomatiques avec Israël, rompues depuis
1973.
- 25 mai 1987: Abidjan annonce à
ses créanciers la cessation du paiement de sa dette (estimée
alors à plus de 8 milliards de dollars). En juillet, devant l'effondrement
des cours du cacao, la Côte d'Ivoire, premier producteur mondial,
décide un embargo sur les exportations qui durera 18 mois.
- 3 juillet 89: Pressé par
le FMI, le gouvernement se résigne à baisser le prix du
cacao à la production. En octobre, mise en place d'un programme
de réformes, en contrepartie duquel Abidjan obtient 4 milliards
de dollars.
- De février à mai 1990:
La Côte d'Ivoire est le théâtre de manifestations
estudiantines et de troubles sociaux.
- 3 mai 1990 : Houphouët-Boigny
accepte l'instauration du multipartisme après trente années
de pouvoir absolu du PDCI-RDA.
- 10 septembre 1990 : le pape
Jean Paul II, lors de sa troisième visite dans le pays, consacre
la Basilique de Yamoussoukro dont le coût est estimé
à 40 milliards de FCFA d'avant d'évaluation (800 millions
de FF).
- 28 octobre 1990: Houphouët-Boigny
est réélu pour un septième mandat lors de
la première consultation à double candidature, face au
candidat de l'opposition Laurent Gbagbo qui dénonce le
poids du "vote des étrangers", ceux-ci représentant environ
le quart du corps électoral. Les résidents originaires
d'Afrique de l'ouest, des exploitants agricoles en majorité,
ont sans doute su gré à Houphouët-Boigny des avantages
qu'il leur avait concédés en terme d'accès à
la propriété terrienne.
- 6 novembre 1990 : Modification
constitutionnelle: le président de l'Assemblée nationale
(à ce moment, Henri Konan Bédié) terminera le mandat
du chef de l'état en cas de décès, démission
ou empêchement absolu.
- 7 novembre 1990 : Alassane
Ouattara est nommé Premier ministre, poste nouvellement
créé.
- 25 novembre 1990 : le PDCI, ex-parti
unique, reste largement majoritaire aux élections législatives.
- 17-18 mai 1991: Intervention
de l'armée sur le campus universitaire après des affrontements
entre policiers et étudiants. Le 31 mai, 20.000 personnes manifestent
pour protester contre cette intervention, à l'appel du Front
populaire ivoirien (FPI), principal parti d'opposition. Les manifestants,
avec à leur tête Laurent Gbagbo, député et
leader du FPI, scandent notamment "Houphouët démission".
- Septembre 1991 : le général
Gueï s'illustra en réprimant sévèrement,
à la tête des forces spéciales, la révolte
étudiante, avec notamment une expédition punitive des
militaires, dans la cité étudiante de Yopougon (viols
à tous les étagesÉ)
- 29-30 janvier 1992 : Flambée
de violence dans les cités universitaires, au lendemain des
déclarations du président Houphouët-Boigny, affirmant
qu'il n'y aurait "aucune sanction" contre le chef d'état-major
de l'armée, considéré comme principal responsable
des exactions commises en mai 91, selon le rapport d'une commission
d'enquête.
- 18 février 1992: Arrestation
de Laurent Gbagbo lors d'une violente manifestation de l'opposition.
Il est condamné à deux ans de prison ainsi que huit autres
dirigeants politiques ou syndicaux.
Alassane Ouattara ne fait donc pas que de l'économie.
Ils seront libérés le 1er août.
- 7 avril 1992: Premier pays africain
à prendre cette initiative, la Côte d'Ivoire établit
des relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud.
- 9 mars 1993 : Les violentes critiques
par les députés, du programme gouvernemental de privatisations,
font éclater au grand jour la "guerre des chefs"
pour la succession à la tête de l'Etat qui, bien qu'officiellement
niée, oppose le président de l'assemblée, M. Konan
Bédié, au Premier ministre Alassane Ouattara. Mais le
28 mars, le président Houphouët-Boigny renouvelle sa confiance
au chef du gouvernement.
- 19 novembre 1993 : Malade, après avoir été
hospitalisé à Paris et séjourné à
Genève, le président Houphouët-Boigny regagne la
Côte d'Ivoire après 189 jours d'absence du pays.
- 7 décembre 1993: Décès du président
Houphouët-Boigny, après 33 ans d'un règne sans
partage.
Henri Konan Bédié, président de l'Assemblée
nationale, est chargé, par la Constitution, de terminer son mandat.
Alassane Ouattara, alors Premier ministre, hésite, quoiqu'il
en dise, à tenter un coup de force pour s'emparer du pouvoir.
If finit par démissionner de son poste le 9 décembre.
Le clivage est définitif entre les deux hommes.
- 26 janvier 1994 :Le quotidien
Fraternité-Matin (gouvernemental) lance une virulente attaque
contre l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara qu'il accuse de "troubler
l'ordre public" en l'avertissant que le pouvoir disposait "des
moyens pour écraser la chienlit".
L'accusation de Fraternité-Matin se réfère aux
incidents qui ont marqué le retour au pays, le 22 janvier, de
M. Ouattara après trois semaines de vacances en France. Plusieurs
centaines de ses partisans avaient voulu l'accueillir à l'aéroport
mais en avaient été empêchés par les forces
de sécurité
- Mai 1994 : Alassane Ouattara est nommé directeur adjoint
du Fonds monétaire international et quitte la Côte
d'Ivoire
- 22 octobre 1994 : près
de dix mille personnes assistent à Abidjan au premier meeting
public organisé par le Rassemblement des Républicains
(RDR), la nouvelle formation politique née en juin d'une scission
au sein du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI).
A la tribune d'honneur siégeaient quatre anciens ministres du
gouvernement d'Alassane Ouattara.
- Décembre 1994 : l'Assemblée
nationale adopte une nouvelle loi électorale, imposant
à tout candidat à la présidentielle d'être
"né de parents ivoiriens de naissance" et avoir résidé
de façon continue en Côte d'Ivoire pendant les cinq ans
précédant le scrutin. Alassane Ouattara est bien évidemment
la seule personne visée par cette disposition.
Laurent Gbagbo, dénonce devant les délégués
du Comité Afrique de l'Internationale socialiste réunis
à Abidjan "ce code électoral liberticide, raciste,
xénophobe et dangereux".
Laurent Dona Fologo, à l'époque pourtant ministre
d'Etat et secrétaire général du PDCI, est le seul
homme du pouvoir à mettre end doute le bien fondé de ce
code électoral estimant que les nouvelles dispositions risquaient
de conduire à des "excès", le "peuple" ne sachant
"pas toujours où s'arrête le caractère étranger
et où il commence".
- 22 octobre 1995: Henri Konan
Bédié est élu président lors
d'une élection boycottée par les principales formations
de l'opposition. Ce scrutin avait été précédé
par des manifestations de rue, les plus graves de l'histoire
du pays, les 2 et 16 octobre.
Outre de nombreux morts lors des manifestations, des dizaines
de militants de l'opposition sont emprisonnés. Certains meurent
en prison, avant même d'avoir été jugés.
Le général Gueï, alors chef d'état-major des
forces armées, avait refusé de faire descendre son armée
dans la rue. Il entrait dès lors, lui aussi, en disgrâce
et était démis de ses fonctions, la veille du scrutin.
- 18 novembre 1996: Le gouvernement
affirme avoir déjoué "un complot contre l'autorité
de l'Etat" lors de cette élection présidentielle de
1995. Six officiers et un sous-officier sont révoqués
de l'armée. Ils bénéficieront en mars 1998 d'une
mesure de relaxe.
- 29 novembre 1999: Un mandat
d'arrêt est lancé contre Alassane Ouattara,
candidat déclaré à la présidentielle d'octobre
2000, au centre d'une bataille politico-juridique. L'"affaire Ouattara"
domine la vie politique depuis début août et les responsables
de son parti ont été condamnés à deux ans
de prison à la suite de violences au cours d'une manifestation.
C'est la loi "anti-casseurs" votés sous le Premier ministre Ouattara,
qui se retourne contre les cadres de son parti. Le camp présidentiel
lui conteste la nationalité ivoirienne et donc la possibilité
de briguer la magistrature suprême.
- 24 décembre 1999: Une mutinerie
de soldats se transforme en coup d'Etat. Le général Robert
Gueï destitue du président Bédié. Le journal
français, Le Canard Enchaîné, révèle
que le général Gueï avait rencontré l'opposant
Ouattara, à Paris, peu de temps avant cette mutinerie. De là
à penser que la vengeance est un plat qui se mange froid mais
qui se prépare longtemps à l'avanceÉ
- 29 décembre 1999 : Ouattara,
"l'étranger" est de retour à Abidjan. Bédié
est parti la veille en exil sur Lomé au Togo, avant de rejoindre
Paris, d'où il envisage de se porter candidat à la future
élection présidentielle.
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