- Les Gambiens voteront
le 17 janvier pour des législatives sans suspense,
gagnées d'avance par le parti du
président Yahya Jammeh car
boycottées par la principale formation
d'opposition, qui a d'emblée crié à
la fraude.
- Le parti au pouvoir, l'Alliance patriotique pour
la réorientation et la construction
(APRC), a d'ores et déjà
remporté 33 des 48 sièges en
compétition, faute d'adversaires. La loi
électorale stipule même que le scrutin n'a
pas lieu d'être organisé lorsqu'il n'y a
qu'un seul candidat, ce dernier étant
déclaré élu d'office.
- C'est le cas dans 33 circonscriptions suite à
la décision prise le 20 décembre par le
Parti démocratique uni (UDP) de
boycotter les législatives pour protester contre
le "transfert massif" d'électeurs inscrits d'une
circonscription à l'autre.
- Résultat: le scrutin ne sera ouvert que dans
15 circonscriptions.
- L'UDP dirigé par Ousainou Darboe
arrivé en seconde position à la
présidentielle d'octobre dernier, auquel le reste
de l'opposition avait laissé le champ libre dans
les 33 circonscriptions, explique son boycott par le fait
que le transfert et l'inscription de 50.000
étrangers sur les listes électorales vont
favoriser le parti au pouvoir dans les circonscriptions
qui lui sont hostiles.
- Selon ce parti ces opérations ont
été avalisées par la Commission
électorale indépendante (IEC),
et il n'est pas question de "cautionner les farces" du
parti au pouvoir en participant au scrutin.
- Ces accusations ont été
démenties par l'IEC, qui a précisé
que les inscriptions avaient été faites en
présence de tous les partis, y compris l'UDP.
- Quoi qu'il soit, le désistement de l'UDP a
provoqué des remous au sein de ce parti entre
partisans et adversaires du boycott, alors que les autres
partis d'opposition affichent leur irritation. Ils
reprochent à l'UDP de les avoir
empêchés de présenter des candidats
en annonçant son retrait à la
dernière minute, privant l'opposition d'au moins
dix sièges.
- une attitude d'autant plus surprenante que Ousainou
Darboe avait "reconnu" extrêmement rapidement la
victoire du président Yahya Jammeh lors de la
dernière présidentielle.
- Au total, seuls quatre partis seront donc
présents aux législatives: l'APRC,
alliée au Parti de la convention nationale
(NCP) de Sheriff Dibba dans deux
circonscriptions, l'Organisation démocratique
du peuple pour l'indépendance et le socialisme
(PDOIS) de Sidia Jatta et le Parti
de la réconciliation nationale (NRP) de
Hamat Bah.
- Une enseignante, Mme Bajen Sosseh, dont la
candidature n'a pas été avalisée par
l'APRC, se présente comme "indépendante".
- L'alliance APRC/NCP est présente dans la
totalité des 48 circonscriptions, tandis que le
NRP aura 10 candidats et le PDOIS 5. Au total, 64
candidats brigueront les suffrages des électeurs.
- A cause des remous au sein de l'UDP, qui avait conclu
une alliance avec le Parti progressiste du peuple (PPP,
ancien parti de l'ex-président Dawda Jawara,
récemment amnistié par Yahya Jammeh), les
observateurs s'attendent à une faible
participation dans les 15 circonscriptions en
compétition.
- Yahya Jammeh, porté au pouvoir en 1994 par un
coup d'Etat et élu une première fois en
1996, avait été réélu
dès le premier tour de la présidentielle du
18 octobre dernier, avec près de 53 % des voix.
- L'Assemblée nationale sortante est très
largement dominée par l'APRC, qui avait
remporté en 1997 33 des 45 sièges en
compétition. En plus des députés
élus, le président Jammeh en avait
nommé quatre. Il en nommera cinq après les
élections du 17 janvier.
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