- Le parti au pouvoir a
raflé 12 des 15 sièges de
députés qui étaient en
compétition aux législatives du 17 janvier,
en plus des 33 qu'il avait remportés d'office du
fait de l'absence d'adversaires dans des circonscriptions
où les députés
présentés par le parti au pourvoir
n'avaient aucun adversaire.
- Selon les résultats officiels complets,
l'Alliance patriotique pour la réorientation et
la construction (APRC) du président Yahya
Jammeh a ainsi 45 députés,
l'Organisation démocratique du peuple pour
l'indépendance et le socialisme (PDOIS) deux
et le Parti de la réconciliation nationale
(NRP).
- Yahya Jammeh nommera en outre cinq
députés, dont le "speaker"
(président de l'Assemblée), comme le lui
permet la constitution.
- Le principal parti d'opposition, le Parti
démocratique uni (UDP), avait
décidé de boycotter le vote,
dénonçant des fraudes liées
notamment au "transfert massif" d'électeurs
inscrits d'une circonscription à l'autre.
- Deux candidats à la présidentielle du
18 octobre dernier, Sidia Jatta pour le PDOIS et
Hamat Bah du NRP, conservent leurs sièges
de député, le premier dans sa base du Wuli
West, le second dans l'Upper Saloum.
- Un homme considéré comme le
théoricien du PDOIS, le sociologue Halifa
Sallah, a remporté le siège de
Serekunda Centre (ouest), circonscription qu'il avait
perdue en 1987, 1992 et 1997.
- La participation a été faible dans 9
des 15 circonscriptions.
- Selon les chiffres officiels, la participation
moyenne a été de 58,46% des quelque 160.000
électeurs inscrits dans les 15 circonscriptions
concernées par ce vote.
- Aux législatives de 1997, l'APRC avait
gagné 33 sièges sur les 45 en jeu, l'UDP 7,
le NRP 2 et le PDOIS 1. Deux sièges avaient
été remportés par des
indépendants.
-
- Commentaire : le président Jammeh,
porté au pouvoir par un coup d'Etat en 1994,
élu une première fois en 1996, et qui a
été réélu le 18 octobre
dernier dès le premier tour, avec près
de 53 % des voix, est assurément tranquille
pour un long moment, face à l'apathie de son
opposition.
- Juste avant les législatives, le
président a réussi a extirper de
l'opposition, le parti de Sheriff Dibba, le
NCP (Parti de la Convention nationale), en lui
proposant des alliances, afin de permettre au NCP
d'avoir des députés, ce qui fut fait.
Cette alliance politique a permis aussi au
président Jammeh d'élargir sa base
ethnique puisque ses adversaires lui reproche de
s'appuyer sur les seuls Diolas, alors que Sheriff
Dibba est mandingue.
- Autre bon coup politique, le retour annoncé
de l'ex-président Dawda Jawara,
récemment amnistié par Yahya Jammeh. Il
n'est donc plus certain que le parti de Dawda Jawara,
le Parti progressiste du peuple (PPP) reste encore
longtemps allié avec le principal parti
d'opposition, l'UDP, d'Ousainou Darboe. L'UDP et le
PPP avaient conclu une alliance lors de la
dernière présidentielle.
- Ousainou Darboe apparaît aujourd'hui comme
le grand perdant de ces scrutins successifs : battu
à la présidentielle, il en a toutefois
accepté le résultat. Sans aucun
député au Parlement, son parti l'UDP ne
sera certainement pas très attractif pour les
petits partis de l'opposition.
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