N°259
du 29/11/2002

Gambie


Arrestation du leader du principal parti d’opposition

Le Parti démocratique uni (UDP, opposition) de Gambie a condamné à Banjul l’arrestation le 21/11 de son leader Usainou Darboe ainsi que trois autres membres de la formation, son adjoint Yahya Jallow et le président des jeunesses de l’UDP, Momodou Nyassi et un militant, Lang Marone.
Pour Ebou Manneh, secrétaire administratif de l’UDP, et Mme Mariam Jack, l’avocate du parti, ces arrestations sont une manière “de détourner l’attention de la masse des grands problèmes auxquels le pays fait face avec la hausse des prix des denrées de première nécessité”.
L’UDP s’inquiète surtout du sort de M. Nyassi, qui selon Mme Jack, ne serait pas dans les locaux de la police à Banjul. Aucune raison officielle n’a encore été avancée pour expliquer ces arrestations.
M. Darboe ainsi que plusieurs autres militants de l’UDP, avaient été inculpés pour la mort d’un militant du parti au pouvoir, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), tué en juin 2000 lors d’une tournée de l’UDP à l’intérieur du pays.
Selon leur parti, leur arrestation fait suite à la levée par la cour d’appel de la mesure de liberté provisoire dont ils avaient jusqu’à présent bénéficié. Les responsables de l’UDP ne s’expliquaient pas en revanche vendredi soir l’arrestation de M. Jallow, qui n’avait pas été mis en cause dans cette affaire.

Sans doute dans le cadre de cette affaire, le ministère gambien de la Justice a annoncé que les autorités judiciaires ne vont plus accorder la liberté sous caution aux prévenus inculpés de meurtre ou d’autres crimes graves. Cette décision, justifiée par la recrudescence des crimes à mains armées, vise à protéger les citoyens et à réduire les risques de voir se développer une justice populaire, a affirmé le ministère dans un communiqué remis à la presse.
Le code pénal a été amendé en début d’année, a encore expliqué le ministère, précisant qu’aucun inculpé ayant commis un crime passible de la peine de mort ou de la prison à vie ne saurait désormais prétendre à la liberté sous caution.
Le 25 novembre, les forces de sécurité ont quadrillé Banjul, empêchant les manifestations prévues contre la détention des responsables de l’UDP. Certains responsables de l’UDP avaient prévu d’organiser des manifestations pour exiger la libération de leurs leaders, s’est justifié le chef d’état-major des Forces armées gambiennes, le colonel Baboucar Jata.

Retour au sommaire GAMBIE

Retour Home