N° 285
du 06/01/2004

 

Gambie


Les suites de l’arrestation de Baba Jobe
La Raddho (ONG sénégalaise) dénonce une «chasse aux sorcières»

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho, basée à Dakar) a dénoncé le 31/12 dans deux communiqués une «chasse aux sorcières» en Gambie où, selon elle, 2003 a été «une année sombre pour les droits de l’Homme».
Dans un premier texte, la Raddho affirme qu’une «série d’actes visant à créer l’intimidation et la terreur dans le camp de l’opposition ont été perpétrés» dans ce pays. En 2003, «les droits humains et les libertés fondamentales consacrés par la Constitution gambienne ont été violés de façon flagrante», ajoute l’ONG, en assurant avoir été «saisie de plusieurs cas d’arrestations arbitraires et d’atteintes à l’intégrité physique exercées par les services secrets gambiens et des hommes en uniforme, militaires comme policiers».
Elle déclare condamner «avec la dernière énergie» ces violations des droits humains, et «demande à l’Etat gambien d’honorer ses engagements».
Dans un second communiqué, la Raddho affirme déplorer «le dernier développement de la situation» dans le pays, avec l’arrestation récente de plusieurs hommes politiques dont des députés par les services secrets «en dehors des règles prévues par la loi».
Parmi les interpellés, pour la plupart membres du parti au pouvoir (Alliance patriotique pour la réorientation et la construction, APRC), figure Baba Jobe.

M. Jobe, président du groupe parlementaire de l’APRC, a été arrêté le 26 décembre, ainsi que six de ses partisans. Un de ses défenseurs, le doyen des avocats gambiens, Me Ousman Sillah, a quant à lui été grièvement blessé par des inconnus le 26 décembre et a dû être évacué sur Dakar.
Un autre défenseur de Baba Jobe, Me Mai Fatty a été interpellé par les services de sécurité gambiens dans le cadre de cette tentative de meurtre.


Sommaire GAMBIE
Accueil