- Comme prévu, un
référendum pour la modification de la
constitution a été fixé au 11
novembre 2001. Ce projet de révision,
contesté par l'ensemble de l'opposition
guinéenne et la plupart des partenaires
extérieurs de la Guinée, vise
essentiellement à proroger de 5 à 7 ans le
mandat du président Conté et
à lui permettre de se présenter autant de
fois qu'il le veut à une élection
présidentielle. c'est un retour à la
présidence à vie qui fleure bon le temps
des partis uniques.
- L'opposition a décidé de boycotter ce
référendum tout en menant campagne pour en
dénoncer le bien-fondé.
- Lansana Conté, élu à la
tête du pays après avoir dirigé une
junte militaire pendant dix ans, a été
réélu pour un second mandat de cinq ans en
1998, qui devrait être le dernier en l'état
actuel de la Constitution.
Dans la foulée, le président Conté a
fixé au 27 décembre la date des
élections législatives qui avaient
été reportées en raison des combats aux
frontières avec le Liberia et des rebelles
guinéens. A cette date - un 27 décembre, le
président conté s'assure d'ores et
déjà de ne pas avoir beaucoup 'observateurs
étrangers pour suivre le bon déroulement de ce
scrutin.
Les réactions
des partenaires de la Guinée
Les ambassadeurs du G7 inquiets
- Les ambassadeurs à Conakry du Groupe des Sept
(G7) pays les plus industrialisés ont fait part au
gouvernement guinéen de leurs "inquiétudes"
face aux prochaines consultations
référendaire et législatives. Les
ambassadeurs du Canada, de France, d'Allemagne, du Japon
et des Etats-Unis ont rencontré Moussa Solano,
ministre de l'Administration du territoire, pour lui
exprimer leurs "inquiétudes quant au respect des
règles constitutionnelles" pendant ces
consultations.
- "Les consultations populaires, qu'elles soient des
élections ou des référendums, sont
des étapes essentielles dans la vie politique d'un
pays", ont-ils déclaré.
- Elles doivent, selon eux, "obéir à des
critères démocratiques" tels que le respect
des règles constitutionnelles, la transparence du
processus électoral, la possibilité pour
tous de faire campagne et d'avoir accès aux
médias, la neutralité des fonctionnaires...
- "Une observation internationale impartiale est aussi
essentielle pour constater et certifier le respect de ces
règles démocratiques", ont-ils
estimé, en exprimant également le souhait
que soit créé en Guinée un "organe
représentatif de supervision des
élections".
- Les représentants du G7, qui souhaitent que
toutes les parties "renoncent à la violence au
cours de la campagne", expriment leur
"préoccupation quant à la mise en place de
ces critères" pour le référendum
prévu le 11 novembre et les législatives
annoncées pour le 27 décembre.
- Les pays membres du G7 sont l'Allemagne, le Canada,
les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le
Royaume-Uni.
Washington met en garde Conakry
contre une modification de constitution
- Le projet de changement de la constitution pourrait
affecter l'aide apportée par Washington à
ce pays, a déclaré un responsable du
département d'Etat.
- Des diplomates américains en poste à
Conakry ont effectué le 25 octobre une
démarche formelle auprès du
ministère des Affaires étrangères
pour exprimer l'opposition de Washington à ce
changement.
L'UE "préoccupée" par le
référendum
- L'Union européenne a exprimé sa
"préoccupation quant aux conséquences
possibles du référendum envisagé en
Guinée" pour ce qui concerne "la stabilité
et le développement démocratique du pays",
selon un communiqué de la présidence de
l'Union européenne, assurée par la
Belgique.
- "L'Union européenne appelle en particulier au
respect des règles constitutionnelles, à la
préservation de l'équilibre des pouvoirs,
à la libéralisation des médias et
à la mise en place d'un cadre permettant une
consultation électorale juste et transparente",
selon le communiqué.
|