N° 241
du 17/12/2001

Guinée


Manifestation d'élèves : au moins 3 morts

Depuis deux semaines, les élèves des lycées et collèges et les étudiants des grandes écoles de la capitale, dont l'université de Conakry, protestent les uns contre la pléthore d'élèves dans les salles de classe, les autres pour une majoration de leur bourse universitaire.
 
Un adolescent a été tué et plusieurs blessés le 03/12/2001 dans des affrontements entre forces de l'ordre et lycéens à Koundara, à 500 km au nord de Conakry. Ce même jour, d'autres affrontements ont opposé les forces de l'ordre à des étudiants de l'Université de Conakry, faisant au moins 7 blessés légers.
Dans le premier cas, les élèves manifestaient pour obtenir des enseignants supplémentaires, dans le second pour réclamer une augmentation de leurs bourses.
A Koundara, les jeunes s'en sont pris à la résidence du préfet, auquel ils reprochaient de ne pas avoir tenu ses promesses et de ne pas avoir obtenu l'affectation de professeurs supplémentaires dans leur établissement.
Les lycéens ont pris d'assaut le domicile du préfet, qu'ils ont saccagé, obligeant sa famille à se réfugier dans un commissariat de police.
Des renforts militaires ont été acheminés depuis Boké (300 km au nord de Conakry) pour rétablir l'ordre à Koundara, où le calme est revenu.
Les circonstances exactes dans lesquelles un jeune a été tué n'ont pas été précisées.
A Conakry, les étudiants de l'université se sont heurtés aux forces de l'ordre, alors qu'ils manifestaient pour réclamer une majoration de leur bourse universitaire de 60.000 francs guinéens (30.000 FCFA, soit 45 euros) à 80.000 GNF (40.000 FCFA, soit 60 euros).
Sept personnes, dont un photographe de presse, ont été légèrement blessées.
Le groupe de presse privé guinéen "Le Lynx-La Lance" a porté plainte contre un policier pour "coups et blessures volontaires" sur son photographe.
La plainte est accompagnée de la photo de l'officier de police incriminé, le sous-lieutenant Amadou Camara, commandant de la brigade spéciale de protection et d'intervention (BSPI) de la sûreté de Conakry. Celui-ci avait ordonné, le 4 décembre, à ses agents de battre le photographe qui couvrait la grève des étudiants de l'université de Conakry. Avant de le libérer, le commandant lui a lancé, toujours selon le "Le Lynx-La Lance", "si jamais, je vois mon nom ou ma photo dans ton journal, je t'abattrai".
 
Le 11 décembre, au moins deux personnes ont été tuées et cinq grièvement blessées, lors d'une autre manifestation d'élèves à Mali (ville située à 480 km au nord de Conakry). Plusieurs centaines d'élèves du lycée et du collège de Mali-centre, avaient pris d'assaut la direction de leur établissement pour protester aussi contre le manque d'enseignants. Quand un groupe d'élèves s'est dirigé vers la direction préfectorale de l'éducation, les forces de l'ordre, débordées, ont tiré à balles réelles sur les manifestants, tuant sur le coup un élève et un maçon, et blessant plusieurs élèves ainsi que des passants.
Les blessés ont été évacué vers le Centre hospitalier de Labé, à 400 km au nord de Conakry.
 
Ce même 11 décembre, les forces de l'ordre ont violemment réprimé une manifestation de lycéens dans la banlieue nord de Conakry et procédé à plusieurs arrestations. Les élèves du lycée de Kipé protestaient contre les sureffectifs et par solidarité avec les étudiants. Au moins 15 élèves ont été emmenés dans une fourgonnette de la police, après avoir été battus à coups de crosse et de matraque et traînés par terre.
 
Une vingtaine d'étudiants sont détenus depuis dans les locaux de la sûreté de Conakry, accusés d'être les cerveaux de la contestation qui prend de plus en plus d'ampleur à Conakry et dans certaines villes de province. Certains de leurs camarades affirment qu'ils sont régulièrement battus.


Retour au sommaire GUINEE

Retour Home

Retour en haut de page