N° 247
du 02/04/2002

Guinée


La fin de la révision des listes électorales en vue des législatives provoque la grogne de certains partis d'opposition

La commission nationale de révision des listes électorales qui a clos ses travaux le 27/03/2002 en vue des prochaines législatives, a provoqué la grogne de certains partis d'opposition. La révision des listes, qui avait débuté le 25 février, ne sera pas prolongée, contrairement au souhait de certains partis. Les élections législatives sont théoriquement prévues avant la fin du mois de juin prochain.
Dans le cadre de la préparation de ces élections, déjà plusieurs fois reportées, des réunions de concertation entre les partis politiques et l'administration sont organisées à Conakry. Certains partis d'opposition, dont l'Union des forces républicaines (UFR) de l'ex-Premier ministre Sidya Touré et le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d'Alpha Condé, ont suspendu leur participation à ces concertations.
"Nous n'allons pas jouer au faire valoir (...) à ces élections, nous nous sommes retirés parce que cette concertation ne nous mène nulle part", a expliqué Sidya Touré.
L'ancien Premier ministre a demandé que les interlocuteurs de l'opposition ne soient pas des fonctionnaires et des partis politiques, mais le gouvernement, "avec la caution du président" Lansana Conté et de préférence avec un ou plusieurs "facilitateurs".
 
Bientôt la guerre sainte ?
L'opposition implore Dieu pour des élections transparentes
 
Les députés de l'opposition ont imploré le 26 mars le "tout puissant Allah pour qu'enfin il y ait des élections libres et transparentes en Guinée". A l'occasion du passage de Moussa Solano, ministre de l'Administration du territoire devant les députés en session budgétaire, ceux-ci ont souhaité que "le tout puissant Allah guide les pas du ministre".
S'adressant au ministre qui a effectué cette année le pèlerinage aux lieux saints de l'islam, N'fally Camara du RPG a souhaité qu'il "organise enfin des élections acceptables par tous". D'autres ont supplié M. Solano à ne pas trahir le serment qu'il a pris en se rendant à la Mecque.
Quand on a fait "le pèlerinage à la Mecque, on ne doit plus faire n'importe quoi", a renchéri Thierno Ousmane Diallo de l'Union pour le progrès et le renouveau (UPR) alors que Mamadou Ba du même parti, ajoutait que M. Solano "n'a plus le droit de falsifier des chiffres, sinon c'est le châtiment divin".
Les députés ont également demandé au ministre de rappeler ses hommes sur le terrain à l'ordre, notamment les préfets et sous-préfets qui disent-ils, "intimident, terrorisent, pillent les populations rurales pour le seul bénéfice du Parti de l'unité et du progrès (PUP au pouvoir)".
Ils ont dénoncé en particulier, les agissements des préfets Moussa Mara de Télémélé (200 km au nord de Conakry), ancien responsable d'un parti d'opposition et Nounké Diallo de Mandiana (extrême est du pays) "qui arrêtent, fouettent, emprisonnent" dans l'impunité les militants de l'opposition.


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