- Les élections
législatives, reportées plusieurs fois,
auront lieu le 30 juin prochain, et seront
supervisées par un Conseil national
électoral (CNE), "organe autonome"
chargé de superviser et de contrôler le
processus électoral et l'ensemble des
opérations s'y rapportant, de la diffusion des
listes électorales jusqu'à la proclamation
des résultats du vote.
- Le CNE doit être composé de 59 membres,
dont 23 de la mouvance présidentielle, 23 de
l'opposition, 6 des partis du centre, 5 de
l'administration, 2 de la société civile.
- Le président du conseil, issu de ses 59
membres, sera nommé par le président de la
République sur proposition du ministre de
l'Administration du territoire.
- L'opposition, qui a conditionné sa
participation aux législatives à la mise en
place d'un organe indépendant de gestion des
élections, s'est complètement
divisée sur cette question de la transparence des
élections.
- L'Union pour le Progrès et le Renouveau
(UPR, opposition) dirigé par
Siradiou Diallo, a décidé de
participer à ce scrutin, tout en demandant un
nouveau report de l'échéance.
- Un autre parti d'opposition, l'Union pour le
progrès de la Guinée (UPG), de
Jean-Marie Doré, ira aussi à
l'élection.
- Ces deux partis n'ont pas suivi les consignes du
"Mouvement contre le référendum et pour
l'alternance démocratique (MORAD), qui a
invité "les Guinéens à rester chez
eux le jour des législatives".
- Le MORAD regroupe la plupart des partis politiques
d'opposition, dont le Rassemblement du peuple de
Guinée (RPG) d'Alpha Condé, l'Union
des forces républicaines (UFR) de
l'ex-Premier ministre Sidya Touré et
l'Union des forces démocratiques de
Guinée (UFDG) d'Amadou Oury Bah.
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- Au total, sept partis d'opposition ont
décidé de boycotter les
législatives.
- Affirmant tirer les leçons de toutes les
élections multipartites qui se sont
déroulées en Guinée depuis 1993, les
partis signataires de la prise de position du MORAD
indiquent qu'ils n'iront pas aux législatives,
pour ne pas "légitimer le pouvoir impopulaire du
Général Lansana Conté issu d'une
élection frauduleuse".
- Par ailleurs, estiment-ils, "chaque consultation
électorale en Guinée a toujours
entraîné son lot de morts, d'arrestations
arbitraires et d'emprisonnement de militants de
l'opposition, sans compter les restrictions de toute
forme d'expression démocratique", d'après
la déclaration.
- "Nous avions demandé au gouvernement
d'accepter pour une fois de mettre sur pied une
commission électorale nationale
indépendante (CENI), chargée de
l'organisation, de la supervision et de la gestion du
processus électoral", a expliqué Mamadou
Bâ, porte parole du MORAD.
- Mais, a ajouté M. Bâ, "les
autorités ont (...) fait preuve de cynisme" en
refusant toutes les propositions de l'opposition.
- Selon le porte-parole du MORAD, dans ces conditions,
"seuls ceux qui ne savent pas ce qu'ils veulent pourront
désormais accompagner le Parti de l'unité
et du progrès (PUP, au pouvoir) dans ce combat
dont le résultat est déjà connu".
- Ces dissensions concrétisent une sourde lutte
au sein de l'électorat peulh que se disputent
Mamadou Bâ et Siradiou Diallo.
- Le "MORAD" avait été constitué
par l'opposition avant le référendum
constitutionnel du 11 novembre dernier, qui avait
notamment supprimé la limitation du nombre de
mandats du président de la République.
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