N° 251
du 18/06/2002

Guinée


Six partis politiques d’opposition créent le FRAD

Six formations politiques de l’opposition qui ont appelé au boycott des élections législatives du 30 juin, ont annoncé le 25/05/2002 à Conakry la création du Front républicain pour l’alternance démocratique (FRAD).
Les signataires du FRAD maintiennent leur engagement de boycotter les élections législatives tant qu’il n’y aura pas une commission nationale électorale indépendante (CNEI) capable d’assurer une élection libre et transparente (et) tenant compte du choix du corps électoral”.
En outre, le FRAD a invité “les forces vives de la Nation à se préparer à de grandes manifestations de rue dans les mois à venir afin de défendre la démocratie et l’Etat de droit en danger en Guinée”.
Figurent parmi les membres de ce Front républicain, des partis comme le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, d’Alpha Condé), l’Union des forces républicaines (UFR, de l’ancien Premier ministre Sidya Touré), mais aussi de “simples leaders” comme El Hadj Boubacar Biro Diallo, président de l’Assemblée nationale, sans parti connu depuis son départ du Parti de l’unité et du progrès (PUP, au pouvoir), ou encore Mamadou Bâ, président d’honneur de l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR, de l’opposant Siradiou Diallo).
Le 22 mai dernier, le ministère de l’Administration du territoire avait publié les listes des candidats en lice pour les législatives, présentées par douze partis, dont le parti au pouvoir et l’UPR de Siradiou Diallo.
Le RPG d’Alpha Condé et l’UFR de Sidya Touré, quant à eux, figurent parmi les sept partis membres du Mouvement contre le référendum et pour l’alternance démocratique (MORAD) qui invitaient “les Guinéens à rester chez eux le jour des législatives”, dans une déclaration rendue publique le 4 mai dernier.
Le MORAD avait été constitué par l’opposition avant le référendum constitutionnel du 11 novembre dernier, qui avait notamment supprimé la limitation du nombre de mandats du président de la République.
Au total, douze partis, dont le Parti de l’unité et du progrès (PUP, au pouvoir), présentent des candidats aux législatives.
Les députés seront élus sur deux types de listes, une liste nationale et des listes dans chacune des 38 circonscriptions électorales (33 préfectures et 5 communes de Conakry).
Seul le PUP fait le plein de candidatures sur la liste nationale et dans chacune des 38 circonscriptions.
Deux partis ne présentent qu’un seul candidat chacun : le Parti libéral de Guinée et le Parti social démocratique de Guinée.

L’Union européenne boycotte à sa façon les législatives

Enfin l’Union européenne (UE) a annoncé qu’elle ne financera pas et n’enverra pas non plus d’observateurs à ces élections, contrairement à la demande que Conakry avait formulée.
Selon l’UE, “une mission exploratoire envoyée par Bruxelles” s’est rendue en Guinée du 19 au 25 avril dernier “pour recueillir tous les éléments nécessaires, afin de permettre une décision sur un possible soutien de l’UE aux élections législatives, y compris l’envoi d’une mission d’observation électorale”. Ces émissaires ont noté “une avancée dans la mise en place des conditions nécessaires pour des élections démocratiques”, dans leur rapport, mais ont ajouté qu’”il est à craindre que le Conseil national électoral (CNE) mis en place ne soit en mesure d’apporter une contribution substantielle à la transparence du scrutin, compte tenu des délais limités dans lesquels il est appelé à travailler suite à l’annonce de la date des élections”.


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