|
Sept cent soixante-neuf candidats brigueront le 30 juin les suffrages de 4.620.663 électeurs, appelés à élire, en un seul tour, les 114 membres de lAssemblée nationale. Quelque 8.200 bureaux seront répartis sur lensemble du territoire. Les deux tiers des députés (76) doivent être élus au scrutin de liste nationale à la représentation proportionnelle. Le tiers restant (38) sera élu au scrutin majoritaire uninominal à un tour dans les circonscriptions que constituent les 33 préfectures et 5 communes de Conakry.
684 des 769 candidats en lice sont issus de neuf listes nationales, comportant chacune 76 noms.
Le parti du président Lansana Conté, le Parti de lunité et du progrès (PUP), est le seul à présenter des candidats dans la totalité des 38 circonscriptions pour lélection du tiers de députés au scrutin majoritaire.
Aux élections législatives de 1995, le PUP et des petits partis de la majorité présidentielle avaient obtenu 75 sièges, contre 39 à lopposition.
Plusieurs partis de lopposition ont appelé au boycott, en qualifiant ces élections de farce. Parmi les partisans du boycott figurent des poids lourds de lopposition, tels Alpha Condé, du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), et lancien Premier ministre Sidya Touré, de lUnion des forces républicaines (UFR).
Avec quatre autres formations et des figures du monde politique comme Boubacar Biro Diallo, président de lAssemblée nationale sortante, ou Mamadou Ba, ils ont formé en mai un Front républicain pour lalternance démocratique (FRAD), dont le principal objectif sera de faire barrage en 2003 à la réélection de Lansana Conté, au pouvoir depuis 18 ans.
Selon eux, les élections locales de 2000 ont été un modèle de fraude, et le summum a été atteint au référendum de novembre 2001, qui a supprimé la limitation du nombre de mandats du président de la république et la limite dâge du titulaire, autrement dit, instituant la présidence à vie.
Dautres opposants, tout en disant que les élections seront frauduleuses et que certains préfets les ont empêchés de mener librement leur campagne, participent néanmoins aux législatives, refusant la politique de la chaise vide.
Le leader de cette future opposition parlementaire est Siradiou Diallo, chef de lUnion pour le progrès et le renouveau (UPR), accusé de compromission par certains de ses anciens compagnons, ce dont il na cure tant il se dit convaincu davoir fait le bon choix.
LOrganisation guinéenne de défense des droits de lHomme (OGDH) a estimé, à la veille de ces législatives, que le Conseil national électoral (CNE) navait ni les compétences, ni les prérogatives et encore moins lautorité nécessaire pour assurer des élections libres et régulières.
|