N° 252
du 02/07/2002

Guinée


Législatives: 769 candidats pour 114 sièges de députés
Une grande partie de l’opposition appelle au boycott

Sept cent soixante-neuf candidats brigueront le 30 juin les suffrages de 4.620.663 électeurs, appelés à élire, en un seul tour, les 114 membres de l’Assemblée nationale. Quelque 8.200 bureaux seront répartis sur l’ensemble du territoire. Les deux tiers des députés (76) doivent être élus au scrutin de liste nationale à la représentation proportionnelle. Le tiers restant (38) sera élu au scrutin majoritaire uninominal à un tour dans les circonscriptions que constituent les 33 préfectures et 5 communes de Conakry.
684 des 769 candidats en lice sont issus de neuf listes nationales, comportant chacune 76 noms.
Le parti du président Lansana Conté, le Parti de l’unité et du progrès (PUP), est le seul à présenter des candidats dans la totalité des 38 circonscriptions pour l’élection du tiers de députés au scrutin majoritaire.
Aux élections législatives de 1995, le PUP et des petits partis de la majorité présidentielle avaient obtenu 75 sièges, contre 39 à l’opposition.
Plusieurs partis de l’opposition ont appelé au boycott, en qualifiant ces élections de “farce”. Parmi les partisans du boycott figurent des poids lourds de l’opposition, tels Alpha Condé, du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), et l’ancien Premier ministre Sidya Touré, de l’Union des forces républicaines (UFR).
Avec quatre autres formations et des figures du monde politique comme Boubacar Biro Diallo, président de l’Assemblée nationale sortante, ou Mamadou Ba, ils ont formé en mai un “Front républicain pour l’alternance démocratique” (FRAD), dont le principal objectif sera de faire barrage en 2003 à la réélection de Lansana Conté, au pouvoir depuis 18 ans.
Selon eux, les élections locales de 2000 ont été un modèle de fraude, et le summum a été atteint au référendum de novembre 2001, qui a supprimé la limitation du nombre de mandats du président de la république et la limite d’âge du titulaire, autrement dit, instituant la “présidence à vie”.
D’autres opposants, tout en disant que les élections seront frauduleuses et que certains préfets les ont empêchés de mener librement leur campagne, participent néanmoins aux législatives, refusant la politique de la “chaise vide”.
Le leader de cette future opposition parlementaire est Siradiou Diallo, chef de l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR), accusé de compromission par certains de ses anciens compagnons, ce dont il n’a cure tant il se dit convaincu d’avoir fait le bon choix.
L’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme (OGDH) a estimé, à la veille de ces législatives, que le Conseil national électoral (CNE) n’avait “ni les compétences, ni les prérogatives et encore moins l’autorité nécessaire pour assurer des élections libres et régulières”.


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