N° 254
du 02/09/2002

Guinée


L’ancien président du Parlement
règle ses comptes avec le régime

Le président sortant de l’Assemblée, El-hadj Boubacar Biro Diallo, a violemment pris à partie le régime du président Lansana Conté qu’il a accusé d’avoir “plongé le pays dans le chaos et la désolation”.
Dans une lettre adressée au président Conté, M. Diallo a déploré n’avoir jamais été invité par le chef de l’Etat, au cours des sept années passées à la tête de l’Assemblée, pour “discuter avec lui d’un problème d’intérêt national, même au plus fort de la crise occasionnée par les agressions aux frontières du pays entre septembre 2000 et mars 2001.”
Il estime que le président de la République est seul responsable de la crise que traverse la Guinée en “foulant sous ses pieds les lois de la République”.
“M. le président, ayant réussi à confisquer tous les pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) entre vos mains, ne cherchez pas ailleurs la cause du retard de la Guinée”, écrit Biro Diallo.
“Elle réside essentiellement dans le déficit démocratique, dans l’opacité de la gestion caractérisée par une mauvaise gouvernance notoire dont les conséquences désastreuses et dévastatrices sont les vols, les détournements, la corruption érigée en système, le tout soutenu et encouragé par l’impunité totale”, poursuit-il.
“M. le président, n’oubliez pas les innombrables scandales qui ont émaillé votre long règne et dont les auteurs sont restés impunis s’ils n’ont été propulsés à des postes encore plus juteux”, ajoute-t-il.
“Les cas sont nombreux où l’intérêt familial a pris le dessus sur l’intérêt national”, précise la lettre.
M. Diallo affirme enfin que “l’insécurité permanente, le chômage endémique, la pauvreté galopante constituent aujourd’hui quelques unes des innombrables et embarrassantes préoccupations de notre peuple qui ne cesse de s’interroger, angoissé sur l’avenir de sa jeunesse”.
Le président Biro Diallo qui prendra sa retraite en septembre avec l’installation de la nouvelle Assemblée, a été le premier secrétaire général du Parti de l’Unité et du Progrès (PUP, au pouvoir) dont il avait été suspendu en 1999 pour ses prises de position face aux “violations répétées” des droits de l’homme en Guinée et à la “gestion catastrophique” du pays.


Sommaire GUINEE

Sommaire Home Page