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Le président sortant de lAssemblée, El-hadj Boubacar Biro Diallo, a violemment pris à partie le régime du président Lansana Conté quil a accusé davoir plongé le pays dans le chaos et la désolation.
Dans une lettre adressée au président Conté, M. Diallo a déploré navoir jamais été invité par le chef de lEtat, au cours des sept années passées à la tête de lAssemblée, pour discuter avec lui dun problème dintérêt national, même au plus fort de la crise occasionnée par les agressions aux frontières du pays entre septembre 2000 et mars 2001.
Il estime que le président de la République est seul responsable de la crise que traverse la Guinée en foulant sous ses pieds les lois de la République.
M. le président, ayant réussi à confisquer tous les pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) entre vos mains, ne cherchez pas ailleurs la cause du retard de la Guinée, écrit Biro Diallo.
Elle réside essentiellement dans le déficit démocratique, dans lopacité de la gestion caractérisée par une mauvaise gouvernance notoire dont les conséquences désastreuses et dévastatrices sont les vols, les détournements, la corruption érigée en système, le tout soutenu et encouragé par limpunité totale, poursuit-il.
M. le président, noubliez pas les innombrables scandales qui ont émaillé votre long règne et dont les auteurs sont restés impunis sils nont été propulsés à des postes encore plus juteux, ajoute-t-il.
Les cas sont nombreux où lintérêt familial a pris le dessus sur lintérêt national, précise la lettre.
M. Diallo affirme enfin que linsécurité permanente, le chômage endémique, la pauvreté galopante constituent aujourdhui quelques unes des innombrables et embarrassantes préoccupations de notre peuple qui ne cesse de sinterroger, angoissé sur lavenir de sa jeunesse.
Le président Biro Diallo qui prendra sa retraite en septembre avec linstallation de la nouvelle Assemblée, a été le premier secrétaire général du Parti de lUnité et du Progrès (PUP, au pouvoir) dont il avait été suspendu en 1999 pour ses prises de position face aux violations répétées des droits de lhomme en Guinée et à la gestion catastrophique du pays.
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