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L’opposition guinéenne a adressé
le 30/09 une lettre au gouvernement, lettre dans laquelle elle indique
qu’elle ne participerait plus à des «séances
de dialogue» avec lui tant que les médias d’Etat ne
traiteraient pas équitablement l’information.
Presque tous les partis politiques avaient participé la veille
à une réunion avec les membres du «comité interministériel
chargé du dialogue», créé dans la perspective
de l’élection présidentielle prévue pour le
mois de décembre.
Tous les participants étaient tombés d’accord sur
la nécessité d’ «établir les bases d’un
dialogue franc et constructif».
L’opposition, «préoccupée par la situation désastreuse
et chaotique de notre pays (...), a cru de son devoir de répondre
favorablement à l’invitation du comité interministériel,
en dépit du grand déficit de confiance créé
par les violations de la loi et les fraudes permanentes à l’occasion
des élections», écrivent les opposants dans une lettre
adressée au ministre de l’Administration du territoire,
Moussa Solano.
«Ce faisant, poursuit la lettre, le compte-rendu fait par la radio
et la télévision guinéennes des travaux (de la première
réunion) a montré clairement qu’en aucun cas, le gouvernement
n’est décidé à renoncer à sa pratique
de désinformation et de manipulation de l’information».
«C’est pourquoi les partis signataires ont pris la décision
de s’abstenir de toute participation aux séances du dialogue
aussi longtemps que des mesures concrètes et publiques n’auront
pas été prises pour remédier à ces pratiques
d’un autre âge, qui sont à la base du déficit
permanent de confiance», ont encore écrit les opposants.
Les partis signataires de cette mise en demeure sont ceux du Front
républicain pour l’alternance démocratique (FRAD)
qui regroupe l’Union des forces républicaines (UFR)
de l’ancien Premier ministre, Sidya
Touré, le Rassemblement du peuple de Guinée
(RPG) d’Alpha Condé, l’Union
pour le progrès de la Guinée (UPG) de Jean-Marie
Doré et l’Union des forces démocratiques
de Guinée (UFDG), Mamadou Bâ.
Les partis politiques et le comité interministériel avaient
convenu de se retrouver pour mettre en place deux commissions, chargées
de recenser l’une les problèmes électoraux, l’autre
les problèmes généraux de la vie politique nationale.
Le 16 septembre, les partis de l’opposition et de la majorité
avaient adressé ensemble au gouvernement un mémorandum «pour
une élection présidentielle libre, équitable et transparente».
Ce mémorandum de cinq pages, paraphé par 31 partis et destiné
au Comité interministériel chargé de la relance du
dialogue avec les partis politiques, demandait d’abord au gouvernement
de choisir un lieu approprié pour ce dialogue qui, jusqu’ici,
se tenait dans les locaux du ministère de l’Administration
du territoire et de la décentralisation.
Il réclamait aussi l’arrêt immédiat de la campagne
de «propagande» en faveur du régime sur les médias
d’Etat, la liberté de manifestation pour les partis, la libéralisation
des ondes, etc.
Les partis politiques recommandaient également au gouvernement
la révision du code électoral, la neutralité de l’administration
vis-à-vis du processus électoral, l’utilisation d’urnes
transparentes et d’un bulletin unique, le recensement et le vote
des Guinéens de l’étranger ...
Les partis signataires invitaient en outre le gouvernement à prendre
des dispositions en vue de la «sauvegarde et du renforcement de
l’unité nationale», à instaurer «l’état
de droit et la bonne gouvernance», à permettre l’élaboration
d’un «statut de l’opposition», etc.
Ils demandaient par ailleurs au gouvernement de faire adopter un projet
de loi d’amnistie en faveur de toutes les personnes condamnées
pour des faits à caractère politique.
L’élection présidentielle, à laquelle le président
sortant Lansana Conté a prévu de se présenter, doit
avoir lieu en décembre, mais sa date précise n’a pas
encore été annoncée.
Porté au pouvoir par un coup d’Etat en 1984, élu président
en 1993 et réélu en 1998, le général Conté
aurait normalement dû quitter le pouvoir à l’issue
de ses deux mandats de cinq ans. Mais un référendum modifiant
la Constitution avait été organisé en novembre 2001,
pour supprimer la limitation du nombre de mandats et, donc, lui permettre
de se représenter. |