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Le général Lansana Conté,
69 ans, au pouvoir en Guinée depuis 1984 et réélu
à la présidentielle du 21 décembre dernier avec 95,25%
des voix, a prêté serment le 19 janvier à Conakry,
en présence de six chefs d’Etat : les présidents ivoirien,
Laurent Gbagbo, bissau-guinéen, Henrique Rosa, gambien, Yahya Jammeh,
malien, Amadou Toumani Touré, sierra-léonais, Ahmad Tejan
Kabbah et le président du gouvernement de transition du Liberia,
Gyude Bryant.
La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest
(Cedeao) était également représentée par son
secrétaire exécutif, Mohamed Ibn Chambas et le Ghana par
son ministre des Affaires étrangères.
Devant quelque 2.000 personnes, le président de la cour
suprême, Alphonse Aboly, a félicité
le président Conté pour «les grands chantiers réalisés»
depuis son accession au pouvoir, «pour le bonheur du peuple de Guinée».
Lansana Conté, qui était assis dans un grand fauteuil, s’est
alors levé et a prêté serment. «Je jure de respecter
et de faire respecter scrupuleusement les dispositions de la loi fondamentale,
de défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité
du territoire et l’indépendance nationale», a déclaré
le président.
Le jour de l’élection, M. Conté, atteint d’un
diabète qui le fait notamment souffrir au niveau d’une jambe,
était resté assis dans sa voiture pour voter, dans un camp
militaire de Conakry.
Le général-président avait, lors du scrutin du 21
décembre, un seul adversaire, le leader d’un petit parti
largement inconnu des Guinéens, qui a obtenu 4,75% des voix, selon
les résultats officiels. Les chefs de l’opposition, considérant
que l’élection n’offrait aucune garantie de transparence,
avaient quant à eux décidé de la boycotter.
En novembre 2001, un référendum avait modifié la
Constitution, permettant au président Conté, porté
au pouvoir par un coup d’Etat en avril 1984, élu en 1993
et réélu en 1998, de briguer un nouveau mandat.
La réforme avait notamment supprimé la limitation du nombre
de mandats présidentiels, qui étaient jusqu’alors
de deux maximum, et supprimé la limite d’âge du titulaire
du poste, auparavant fixée à 70 ans. Le mandat présidentiel
a également été porté de cinq à sept
ans. |