Guinée


N'Faly Kaba se déclare "chef des rebelles guinéens"
en Sierra Leone

Le docteur N'Faly Kaba, alias "Fatoulaye", s'est présenté, dans un journal malien, comme le "chef des rebelles guinéens" qui attaquent la Guinée le long de ses frontières avec la Sierra Leone et le Liberia.
Dans une interview accordée au bihebdomadaire privé malien L'Indépendant, lors d'un passage à Bamako, M. Kaba affirme qu'il est le "président" de l'"Union des Forces pour une Guinée nouvelle" (UFGN), opposition dont l'aile militaire est dirigée, selon lui, par le commandant Gbago Zoumanigui. Ce dernier, considéré par les autorités guinéennes comme un des responsables d'une mutinerie militaire déclenchée le 2 février 1996 en Guinée, avait disparu après l'échec de ce soulèvement.
M. Kaba, qui a annoncé sa décision "d'agir (désormais) à visage découvert", a indiqué au journal qu'il a été "proche" de l'ancien Premier ministre guinéen Diarra Traoré, tué après l'échec d'un coup d'Etat lancé en juillet 1985.
M. Kaba a été enseignant en Côte d'Ivoire avant de rentrer en 1984 en Guinée, où il a été conseiller du Premier ministre Diarra Traoré. Il avait fui le pays après la tentative de coup d'Etat de ce dernier en 1985.
M. Kaba a également affirmé au journal malien qu'il a été condamné par contumace à la peine capitale en 1985 après ce coup d'Etat manqué. Il a souligné par ailleurs que des Guinéens "qui ont échappé à la répression (...) de juillet 1985 et du 2 février 1996 forment l'essentiel de l'UFGN".

Rappel :

Nous écrivions en octobre dernier (Afrique Express N° 215) à propos des rebelles guinéens:

"Le front sud-est quant à lui, serait l'apanage de dissidents guinéens, un groupe hétéroclites composé d'ex-militaires guinéens, qui ont réchappé aux purges successives de l'armée. Après le coup "Diarra", mené par le Premier ministre de l'époque en 1985, une bonne partie des officiers malinkés avait fui le pays pour échapper à la répression sévère et aux purges. Un temps basés au Mali, certains avaient même formé le COMMUNA (Comité militaire d'unité nationale) et affichaient déjà à l'époque la volonté de renverser le régime par les armes. A l'époque, ces militaires étaient en bon terme avec le MND d'Alpha Condé, parti qui transformé depuis en RPG (Rassemblement du peuple guinéen).
A ces hommes il faut ajouter des ex-mutins qui avait failli renverser le régime en février 1996, et dont les plus connus parmi ceux qui ont échappé aux mailles de la justice sont les commandant Gbago Zoumanigui et N'Famara Oularé. Enfin, ces hommes ont pu être rejoints par des soldats du contingent guinéen qui opéraient en Sierra Leone. Arrêtés pour divers motifs allant de la désertion aux trafics, ils furent tous libérés lorsque les rebelles du RUF ouvrirent les portes de la prison de Freetown pour en faire sortir Johnny-Paul Koroma".

Copyright © Afrique Express
230 du 13/06/2001


Retour au sommaire GUINEE

Retour Home

Retour en haut de page