N° 247
du 02/04/2002

Guinée Bissau


Faute de moyens, la presse en panne

Les mesures d'interdiction qui frappaient quelques journaux en Guinée-Bissau ont été récemment levées par le gouvernement, mais la presse reste étranglée par le manque de moyens financiers. C'est le principal handicap, tant pour la presse privée que pour la presse gouvernementale, selon les responsables des différents journaux qui, à l'exception de l'hebdomadaire privé Banobero et du quotidien gouvernemental No Pintcha, ne paraissent plus.
"Nous sommes fauchés", affirme Humberto Gomes, directeur de publication de Gazeta de Noticias, hebdomadaire privé qui a disparu des kiosques, de même que Diario de Bissau et Correio de Bissau, deux titres également privés.
Gazeta de Noticias, Diario et Correio de Bissau avaient été frappés ces derniers mois de mesures d'interdiction sur décision du procureur, qui leur reprochait notamment de ne pas ¦uvrer à la "réconciliation nationale".
Les interdits et restrictions ont été levés à la mi-mars mais les trois journaux n'ont pas reparu pour autant.
Banobero réussit certes à tenir le pari de la régularité, grâce au soutien d'une organisation internationale. Mais il ne parvient à écouler qu'environ 200 exemplaires par semaine, sur un déjà maigre tirage de 1.000 exemplaires.
Même au temps où ils n'étaient pas interdits, la plupart des organes de presse vendaient à peine 50% de leurs tirages, qui oscillaient entre 1.000 et 1.500 exemplaires.
Les lecteurs manquent, dans un pays frappé par une sérieuse crise économique consécutive à une rébellion de onze mois (juin 1998-mai 1999) et où la majorité de la population ne sait ni lire ni écrire.
Selon l'Institut national de recherche scientifique, les difficultés économiques ont contribué à affaiblir un lectorat qui ne représente que 0,02% de la population.
"Aucun fonctionnaire de l'Etat ne gagne les 500 francs CFA par jour (0,76 euros) que coûte un journal", note un fonctionnaire..
Quant aux éditeurs, ils ne se font guère plus d'illusions.
"La presse ne survit pas dans un pays où la publicité est inexistante", selon José Rodrigues Santim, directeur de publication de Fresquera (privé).
"La plupart des entreprises sont décapitées depuis la guerre civile de 1998-99. Conséquence: nous ne tirons plus rien de la publicité", souligne Fafali Kudawo, directeur de publication de Banobero.
Ce marasme généralisé a aussi des conséquences sur la situation des quelque cent journalistes employés par la presse écrite et qui, selon le Syndicat des jeunes journalistes, sont aujourd'hui "en chômage technique". (avec AFP)


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