- Les mesures
d'interdiction qui frappaient quelques journaux en
Guinée-Bissau ont été
récemment levées par le gouvernement, mais
la presse reste étranglée par le manque de
moyens financiers. C'est le principal handicap, tant pour
la presse privée que pour la presse
gouvernementale, selon les responsables des
différents journaux qui, à l'exception de
l'hebdomadaire privé Banobero et du quotidien
gouvernemental No Pintcha, ne paraissent plus.
- "Nous sommes fauchés", affirme Humberto Gomes,
directeur de publication de Gazeta de Noticias,
hebdomadaire privé qui a disparu des kiosques, de
même que Diario de Bissau et Correio de Bissau,
deux titres également privés.
- Gazeta de Noticias, Diario et Correio de Bissau
avaient été frappés ces derniers
mois de mesures d'interdiction sur décision du
procureur, qui leur reprochait notamment de ne pas ¦uvrer
à la "réconciliation nationale".
- Les interdits et restrictions ont été
levés à la mi-mars mais les trois journaux
n'ont pas reparu pour autant.
- Banobero réussit certes à tenir le pari
de la régularité, grâce au soutien
d'une organisation internationale. Mais il ne parvient
à écouler qu'environ 200 exemplaires par
semaine, sur un déjà maigre tirage de 1.000
exemplaires.
- Même au temps où ils n'étaient
pas interdits, la plupart des organes de presse vendaient
à peine 50% de leurs tirages, qui oscillaient
entre 1.000 et 1.500 exemplaires.
- Les lecteurs manquent, dans un pays frappé par
une sérieuse crise économique
consécutive à une rébellion de onze
mois (juin 1998-mai 1999) et où la majorité
de la population ne sait ni lire ni écrire.
- Selon l'Institut national de recherche scientifique,
les difficultés économiques ont
contribué à affaiblir un lectorat qui ne
représente que 0,02% de la population.
- "Aucun fonctionnaire de l'Etat ne gagne les 500
francs CFA par jour (0,76 euros) que coûte un
journal", note un fonctionnaire..
- Quant aux éditeurs, ils ne se font
guère plus d'illusions.
- "La presse ne survit pas dans un pays où la
publicité est inexistante", selon José
Rodrigues Santim, directeur de publication de Fresquera
(privé).
- "La plupart des entreprises sont
décapitées depuis la guerre civile de
1998-99. Conséquence: nous ne tirons plus rien de
la publicité", souligne Fafali Kudawo, directeur
de publication de Banobero.
- Ce marasme généralisé a aussi
des conséquences sur la situation des quelque cent
journalistes employés par la presse écrite
et qui, selon le Syndicat des jeunes journalistes, sont
aujourd'hui "en chômage technique". (avec AFP)
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