- Lannée 2002 au Liberia a été particulièrement mauvaise pour les droits de lHomme, en raison de crimes de guerre et dabus de la part du gouvernement, et dans une moindre mesure des rebelles, a estimé lassociation Human Rights Watch (HRW), dans son rapport annuel.
Dans le nord-ouest du pays, les troupes gouvernementales et les milices pro-gouvernementales se sont rendues coupables dexécutions sommaires, de tortures et dabus contre des civils, notamment des viols de femmes et de fillettes et denlèvements de civils, contraints au travail ou de se battre, dénonce lassociation.
Selon Human Rights Watch, les forces gouvernementales ont systématiquement pillé et incendié des localités, procédé à des conscriptions forcées, notamment denfants envoyés sur le front de façon arbitraire.
Le rapport accuse également le régime du président Charles Taylor, confronté depuis 2000 dans le nord du pays à la rébellion des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), de réprimer brutalement toute résistance à son pouvoir.
Depuis huit mois, létat durgence dans les zones sous contrôle gouvernemental a abouti à une répression des opposants présumés au régime.
Le rapport dénonce également les sérieux abus, dans une moindre mesure toutefois que les forces gouvernementales, commis par les éléments du LURD, coupables eux aussi dexécutions sommaires, de viols, de conscription forcées denfants et dadultes et dempêcher ceux qui le veulent de quitter le pays.
Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par ce conflit et des centaines, sinon des milliers de civils ont été tués, estime le rapport.
HRW reproche également à Charles Taylor de jouer la carte ethnique en réprimant les membres des ethnies Mandingue, Krahn, et Gbandi, accusés de soutenir le LURD.
Selon HRW, Charles Taylor, ex-chef de guerre qui joua un rôle central dans les sept ans de brutale et sanglante guerre civile au Liberia (1990-1997), a consolidé son pouvoir en sassurant limpunité.
Les institutions qui auraient pu fournir un contrôle indépendant du gouvernement Taylor, tels que les pouvoir judiciaire et législatif ou la commission des droits de lHomme, ont été réduits au silence.
Des opposants ou des personnes ayant osé critiqué le chef de lEtat ont été emprisonnés arbitrairement ou torturés, poursuit le rapport.
HRW accuse également Monrovia de continuer à importer massivement des armes en dépit dun embargo des Nations unies, décrété pour son soutien aux ex-rebelles sierra-léonais durant les dix ans de guerre civile dans ce pays. (avec AFP)
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