N° 263
du 29/01/2003

Libéria


2002, année particulièrement mauvaise
pour les droits de l’Homme, selon l’association Human Rights Watch

L’année 2002 au Liberia a été “particulièrement mauvaise” pour les droits de l’Homme, en raison de crimes de guerre et d’abus de la part du gouvernement, et dans une moindre mesure des rebelles, a estimé l’association Human Rights Watch (HRW), dans son rapport annuel.
“Dans le nord-ouest du pays, les troupes gouvernementales et les milices pro-gouvernementales se sont rendues coupables d’exécutions sommaires, de tortures et d’abus contre des civils, notamment des viols de femmes et de fillettes et d’enlèvements de civils, contraints au travail ou de se battre”, dénonce l’association.
Selon Human Rights Watch, les forces gouvernementales “ont systématiquement pillé et incendié des localités”, procédé à des conscriptions forcées, notamment “d’enfants envoyés sur le front de façon arbitraire”.
Le rapport accuse également le régime du président Charles Taylor, confronté depuis 2000 dans le nord du pays à la rébellion des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), de réprimer brutalement toute résistance à son pouvoir.
“Depuis huit mois, l’état d’urgence dans les zones sous contrôle gouvernemental a abouti à une répression des opposants présumés au régime”.
Le rapport dénonce également les “sérieux abus, dans une moindre mesure toutefois que les forces gouvernementales”, commis par les éléments du LURD, coupables eux aussi d’exécutions sommaires, de viols, de conscription forcées d’enfants et d’adultes et “d’empêcher ceux qui le veulent de quitter le pays”.
“Des dizaines de milliers de personnes” ont été déplacées par ce conflit et “des centaines, sinon des milliers” de civils ont été tués, estime le rapport.
HRW reproche également à Charles Taylor de jouer la carte ethnique en réprimant les membres des ethnies Mandingue, Krahn, et Gbandi, accusés de soutenir le LURD.
Selon HRW, Charles Taylor, ex-chef de guerre qui joua un rôle central dans les sept ans de brutale et sanglante guerre civile au Liberia (1990-1997), a consolidé son pouvoir en s’assurant l’impunité.
“Les institutions qui auraient pu fournir un contrôle indépendant du gouvernement Taylor, tels que les pouvoir judiciaire et législatif ou la commission des droits de l’Homme, ont été réduits au silence”.
Des opposants ou des personnes ayant osé critiqué le chef de l’Etat ont été emprisonnés arbitrairement ou torturés, poursuit le rapport.
HRW accuse également Monrovia de continuer à importer massivement des armes en dépit d’un embargo des Nations unies, décrété pour son soutien aux ex-rebelles sierra-léonais durant les dix ans de guerre civile dans ce pays. (avec AFP)

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