N° 273
du 01/07/2003

Libéria


Charles Taylor : profil bas ou conciliant?

Les toutes dernières déclarations de Charles Taylor ne manquent pas d’étonner alors qu’il y a peu encore, il jurait à qui voulait l’entendre qu’il ne quitterait pas le pouvoir avant les élections. «Nous examinons en ce moment certains articles de certains accords qui nous lient aux Etats-Unis. Nous croyons qu’il existe certains protocoles avec les Etats-Unis sur lesquels ce gouvernement peut s’appuyer pour faire venir des troupes américaines», a-t-il déclaré à des journalistes, le 28 juin, alors qu’il était venu inspecter des fortifications en cours de construction sur le pont Saint-Paul, un ouvrage stratégique qui commande l’entrée de Monrovia.
Interrogé sur les déclarations du président américain George W. Bush demandant son départ, le président Taylor a répondu : «Le gouvernement libérien a favorablement accueilli ce que le président Bush a dit». «J’ai été à l’école, ce qu’il a dit, c’est que j’ai besoin de partir. Je pense qu’il tente de trouver une sortie (de crise) et je souhaite aussi aider à ramener la paix au Liberia», a-t-il poursuivi.
«Je pense que ce que faisait le président Bush, c’était me rappeler mes responsabilités envers mon peuple. Nous avons apprécié cette déclaration et nous travaillons maintenant à rendre possible ce départ sans chaos», a-t-il ajouté.
«Nous devons respecter le cessez le feu, nous avons besoin que le dialogue engagé à Accra se poursuive. Nous avons besoin que la communauté internationale agisse le plus vite possible pour envoyer des troupes sur le terrain. Nous recherchons actuellement certaines dispositions dans le traité de la CEDEAO pour que le gouvernement puisse demander une intervention armée» dans le pays, a-t-il poursuivi.
Charles Taylor a encore affirmé que son gouvernement était «intéressé par l’idée de travailler avec Washington pour résoudre le problème libérien dans le cadre d’une promotion de la démocratie». «Je pense qu’il est important que ce gouvernement démocratiquement élu ne soit pas éjecté de son mandat par un groupe de chiens aux pieds-nus qui veut prendre le pouvoir par les armes», a-t-il ajouté, en référence aux rebelles qui contrôlent 13 des 15 comtés du Liberia, ajoutant qu’il était prêt «à travailler avec les Etats-Unis dans cette optique».

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