- Cest dans ce contexte incertain sur le terrain que le chef de la diplomatie française, Dominique de Villepin, a souhaité le 28/06 depuis Accra une «force multinationale» au Libéria.
«Nous devons dabord soutenir la médiation des pays de la région. Il faudra une force multinationale. La France a pris ses responsabilités en Côte dIvoire, le Royaume Uni en Sierra Leone, et les Etats-Unis ont une tradition spéciale au Liberia. Trouvons ensemble la meilleure solution. Limportant est de soutenir ensemble une dynamique de sortie de crise au Liberia», a-t-il déclaré aux côtés de son homologue ghanéen, Addo Akufo Addo.
Dans un discours consacré à lAfrique, George Bush a pour sa part demandé à Charles Taylor de céder la place «pour quun bain de sang soit épargné à son pays».
Avec une certaine dose dironie, le gouvernement libérien a salué «lintérêt pris dans le conflit libérien par le président américain George Bush et demandé au gouvernement des Etats-Unis de rester actif dans le processus de paix», tout en réitérant «la déclaration du président Taylor à Accra au Ghana le 4 juin, quil ne fera pas partie dun quelconque gouvernement de transition».
Charles Taylor a été inculpé le 4 juin de crime contre lhumanité par le Tribunal spécial sur la Sierra Leone et fait depuis lobjet dun mandat darrêt international.
Le chef de lEtat ghanéen John Kufuor, qui préside la Communauté Economique des Etats dAfrique de lOuest (CEDEAO), tout en indiquant quil sollicitera la France en cas de constitution dune force internationale, a pour sa part indirectement souhaité le retrait de Taylor, sans toutefois le citer nommément. «Tout sacrifice, de tout citoyen libérien, sera utile pour le pays», a très diplomatiquement déclaré John Kufuor.
Le mot de la fin (provisoire) est revenu au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, qui a demandé le 28/06 au Conseil de sécurité dautoriser le déploiement au Liberia dune force multinationale. «Je tiens à demander que le Conseil de Sécurité prenne des dispositions durgence en vue dautoriser le déploiement au Liberia dune force multinationale très entraînée et bien équipée, sous la direction dun Etat membre, pour empêcher une tragédie humanitaire majeure et stabiliser la situation dans le pays», a écrit le secrétaire général des Nations unies.
«Laisser la situation échapper à tout contrôle aurait des conséquences trop effroyables pour être envisagées - non seulement pour le Liberia mais aussi pour les pays de la sous-région, en particulier les pays limitrophes que sont la Côte dIvoire et la Sierra Leone», a expliqué M. Annan.
Kofi Annan a cité dans sa lettre au Conseil de sécurité des informations faisant état de centaines de civils tués lors de combats dans Monrovia et aux alentours, ainsi que de scènes de destruction gratuite et de pillage.
Selon M. Annan, «environ un tiers de la population du Liberia soit près dun million dhabitants cherche refuge dans une capitale déjà surpeuplée, où les services de santé et autres services humanitaires sont déjà à la limite de leurs capacités».
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