N° 247
du 02/04/2002

Mali


Condamnation de Maliens en France pour excision

La condamnation en France de cinq Maliens à des peines de prison pour avoir fait exciser leurs filles, n'a provoqué aucune réaction au Mali, où s'opposent ceux qui prônent la "simple transposition d'une coutume" et ceux qui exigent de l'immigré le respect de la loi française.
Le 15 mars, cinq Maliens ont été condamnés en Seine-Saint-Denis à des peines de prison avec sursis pour avoir fait exciser leurs sept filles âgées de quelques mois, entre 1985 et 1989. "Nous ne savions pas que c'était interdit, c'est notre coutume", s'étaient justifiés les accusés.
Mme Diarra Afoussatou Thiero, ministre malienne de la Promotion de la Femme et de l'Enfant, s'emporte face à une telle défense : "il serait intolérable que des Maliens continuent à exciser en France en prétendant ne pas connaître la loi, tout comme ce n'est plus la peine que des immigrés envoient leurs filles se faire exciser au Mali, car ici on combat cette pratique".
94% de la population féminine malienne âgée de 15 à 49 ans a subi cette mutilation, souvent pratiquée sur des fillettes de moins de 3 ans et consistant soit en l'excision du clitoris ou l'ablation totale ou partielle des petites lèvres.
Pour Kadidia Sidibé, fondatrice en 1991 de l'Association malienne pour le suivi et l'orientation des pratiques traditionnelles (Amsop), "si des immigrés maliens veulent que leurs enfants aient la nationalité française, il faut qu'ils respectent les lois du pays.".
La condamnation il y a quelques années en France d'une exciseuse malienne avait soulevé un tollé au Mali.
En février 1998, la Cour d'assises de Paris avait condamné à 8 ans d'emprisonnement Hawa Gréou, une Malienne de 52 ans, reconnue coupable d'avoir excisé 48 fillettes. (avec AFP)


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