N° 255
du 17/09/2002

Mali


Enfants exploités
Le gouvernement malien prend des mesures

Le gouvernement malien a décidé “de prendre les mesures qui s’imposent”, deux semaines après la découverte de milliers d’enfants du Burkina Faso exploités par des maîtres coraniques burkinabè, dans l’Office du Niger, région rizicole du Mali, a indiqué le 03/09 un communiqué officiel.
Parmi ces mesures, figurent l’adoption de procédures judiciaires contre les tuteurs et les maîtres coraniques “se livrant à l’exploitation des enfants”, et l’interdiction de tout enfant de moins de 15 ans dans les rizières “à des fins d’exploitation économique”.
Selon le même communiqué, des actions de sensibilisation seront “intensifiées” dans les “zones à risque”, et des structures communautaires de surveillance de l’application des décisions seront mises en place.
37 ONG maliennes regroupées au sein de la Coalition malienne des droits de l’enfant (COMADE) avaient dénoncé "le silence inexplicable” du gouvernement après la découverte d’enfants burkinabè exploités dans les rizières maliennes.
Début septembre, un ressortissant ivoirien a été arrêté pour trafic d’enfants maliens vers la Côte d’Ivoire.
L’Ivoirien a été arrêté dans la région malienne de Sikasso (380 km de Bamako), avec trois enfants mineurs, à bord d’un véhicule venant de la capitale malienne.
L'ONG Mali-Enjeu estime pour sa part que 7.000 à 8.000 enfants maliens travaillent encore dans les exploitations agricoles ivoiriennes bien qu’ait été instaurée en septembre 2000 une Commission mixte ivoiro-malienne, chargée de lutter contre le trafic d’enfants maliens.
Les objectifs de la commission étaient notamment de lutter contre le trafic, d’identifier les sites abritant les enfants maliens et de procéder à leur rapatriement au Mali.
Pour l’heure, seul le contrôle plus strict aux frontières officielles a été mis en place.


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