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Une chute de 50% de la
production, une baisse des cours mondiaux et des scandales
financiers au sein de la Compagnie malienne de
développement des fibres textiles (CMDT)
contrôlant le secteur ont remis à l'ordre du
jour la question de la privatisation de la filière
coton au Mali.
Ce qui n'est pas du goût des employés de la
CMDT.
"Nous irons en grève pour notamment dénoncer
l'acharnement des bailleurs de fonds à vouloir le
démantèlement sauvage de la filière et
le licenciement programmé du personnel", a
déclaré Abdoulaye Abbas Sylla,
secrétaire général de la section
syndicale de la filière coton.
Ex-Premier producteur de coton en Afrique au sud du Sahara,
ce pays a vu cette année sa production baisser de
moitié, de 500.000 à environ 250.000 tonnes.
Les difficultés de la filière,
gérée par la CMDT, a entraîné
pour l'Etat un manque à gagner d'environ 100
milliards de F CFA (1 milliard de FF) en 2000. Le secteur
rapportait jadis à l'Etat plus de 50 % de ses
devises.
Pour faire face à la crise de la CMDT,
société au capital de 32,5 milliards de F CFA
détenu à 60% par l'Etat et à 40% par la
Compagnie française de développement des
fibres textiles (CFDT), diverses positions se
dégagent : les pro-privatisation, les anti, et les
"ni, ni".
La Banque mondiale (BM), se basant sur un rapport d'audit
"accablant", joue à fond la carte de la
privatisation.
La justice s'est déjà saisie du dossier de la
CMDT, dont une dizaine de hauts responsables ont
été arrêtés dans le cadre de la
lutte contre la corruption relevant "de grosses
surfacturations, portant sur des milliards de F CFA".
"La société a été très
mal gérée, son déficit est lourd", a
reconnu le ministre malien du Développement rural, El
Madani Diallo.
Mais les autorités, coincées entre les
exigences de la BM et celles du Syndicat national de la
production et de l'environnement (SYNAPE), hostile à
la privatisation de la filière et à "toute
compression sauvage" du personnel, se murent dans le
silence. Les salariés font valoir qu'ils ont
déjà consenti à la suspension d'une
augmentation de salaires de 7% pour sauver la
société.
La CFDT, elle, préconise des mesures visant à
restaurer la situation financière de la
société et sa compétitivité
"sans la démanteler", selon un mémorandum. Une
restructuration qui permettrait de générer
"à court et moyen terme 30 milliards de F CFA" pour
rembourser les créanciers.
Pour la CFDT, il faut soit un démembrement en
entités réduites plus faciles à
gérer ou alors "se délester des missions de
service public et sous-traiter les fonctions
périphériques". Cette option se traduirait par
la privatisation des "missions de service public" et le
licenciement d'environ 500 agents sur un total de
près de 2.000.
La CFDT, qui vient de déléguer à Bamako
quelques experts français, insiste aussi sur la
nécessité d'une politique "rigoureuse" de
fixation des prix d'achat, "à un niveau
réaliste".
C'est dans ce contexte que ce sont ouverts le 17 avril
les "états généraux" de la
filière cotonnière du Mali en présence
du Premier ministre malien Mandé Sidibé, des
représentants des paysans et des bailleurs de fonds.
Toute réforme doit tenir compte de
"l'intérêt des producteurs et du retour de la
rentabilité et de la compétitivité"
d'une filière qui fait vivre trois millions de
Maliens, a souligné le Premier ministre.
Selon certaines sources, un cash-flow d'au moins 90
milliards de F CFA (30 milliards pour rembourser les dettes
et 60 milliards pour le démarrage de la saison
prochaine) serait nécessaire pour faire
"redécoller" la filière.
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