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Douze plus vingt-et-un,
cela fait trente trois. Ils sont maintenant 33
députés de l'Alliance pour la
démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir) a avoir
rejoint la dissidence regroupée au sein du mouvement
politique "Alternative 2002", une association
créée le 28 février dernier et qui a
pour but avoué la création d'un parti
destiné à soutenir les "futures actions" de
l'ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita. Le
tout dans l'optique de l'élection
présidentielle de 2002.
M. Keita ("IBK") avait été poussé
début octobre dernier à la démission de
la tête de l'ADEMA par un courant dit
"rénovateur" dont sont issus les actuels responsables
du parti. En fait la lutte au sein de l'ADEMA a plutôt
lieu entre les vieux militants comme "IBK" et une jeune
génération de technocrates qui jonglent entre
les affaires et la politique.
Parmi les tout derniers adhérents d'"Alternative
2002" figurent une soixantaine de conseillers municipaux et
membres de l'ADEMA de la localité de San (nord),
ainsi que quelques centaines de citoyens maliens. Lors de sa
création, ce mouvement comprenait déjà
quatre anciens ministres, dont Issa N'Diaye.
Avant cette fracture, l'ADEMA comptait 127
députés à l'Assemblée. Avec
aujourd'hui 33 députés, "Alternative 2002" est
devenue la deuxième force parlementaire du Mali.
Quel candidat à la présidentielle en
2002 ?
Le président malien Alpha Oumar
Konaré, faute de pouvoir imposer son actuel
Premier ministre, Mandé Sidibé, comme
candidat à la prochaine présidentielle de 2002
pourrait finalement jouer la carte de Amadou Toumani
Touré, l'ancien chef de l'Etat ("ATT") si ce
dernier décide finalement "d'aller au charbon".
A défaut de Mandé Sidibé, au sein
de l'ADEMA, l'actuel ministre de la défense,
Soumeylou Boubeye Maïga, pourrait être
tenté d'être candidat à la
présidentielle. Soumeylou Boubeye Maïga fait
partie des gens fortement opposés à l'ancien
Premier ministre, Ibrahim Boubacar Keita et qui l'ont
poussé à la démission de l'ADEMA en
octobre dernier.
S'il est candidat, Toumani Toure pourrait
fédérer autour de lui des partis comme le
MIRIA de Mohamed Lamine Traoré (ancien
ministre de l'Intérieur) et le PARENA (Parti
pour la renaissance nationale"). Le PARENA a
été créé par des dissidents du
Congrès national d'initiative démocratique
(CNID, opposition), parti d'opposition dirigé par
Me Mountaga Tall.
Le PARENA compte dans ses rangs d'anciens ministres de
la période de transition de 1991 à 1992, dont
Tiéblé Dramé (Affaires
étrangères), qui pourraient donc être
tentés de soutenir leur ancien "patron", le
général Toumani Touré.
Reste enfin la grande inconnue, le Mouvement pour le
Renouveau (MPR), dirigé par Choguel
Maïga. Ce parti, résolument dans
l'opposition à l'ADEMA regroupe entre autres les
anciens sympathisants de l'ex-président Moussa
Traoré, toujours en détention depuis sa
destitution en 1990. C'est sans doute ce parti qui fera
pencher la balance en faveur du futur vainqueur de la
présidentielle 2002, mais il y a fort à parier
qu'il négociera cher ses voix pour le second, s'il y
en a un.
Rappel
Outre un référendum
constitutionnel prévu dans le premier semestre de
cette année, il doit y avoir en 2002 des
élections législatives et la
présidentielle.
Le président Konaré, dont le mandat expire
en 2002, ne peut plus se présenter. Il s'est
jusqu'à maintenant abstenu de désigner un
dauphin. Il a nommé en décembre dernier, le
général Kafougouna Koné, comme
délégué général aux
élections. La Délégation
générale aux élections a pour mission
"la gestion et l'élaboration du fichier
électoral ainsi que l'application des critères
de financement des partis politiques". Ancien ministre de la
Défense et ancien ambassadeur du Mali en Chine, le
général Koné va diriger cette nouvelle
structure "permanente" également chargée
d'assister la commission nationale électorale
indépendante (CENI).
Le Mali dispose ainsi de trois instances pour s'occuper
de l'organisation, de la supervision et du suivi des
élections: la CENI, la Délégation
générale et le ministère de
l'Administration territoriale.
Le leader du MPR a d'ores et déjà
"dénoncé" la mise sur pied de trois organes
pour l'organisation des élections "au moment
où la Commission électorale nationale
indépendante est vidée de toute sa substance",
selon lui.
Au sein de l'ADEMA, Soumaïla Cissé, actuel
ministre de l'Equipement et son collègue de la
Défense, Boubèye Soumeylou Maïga, sont
à la pointe du courant qui a poussé à
la démission l'ex-Premier ministre IBK.
En novembre dernier, ils ont obtenu lors de la
convocation d'un congrès extraordinaire de l'ADEMA,
la création d'un nouveau Conseil exécutif
(CE), instance dirigeante de l'ADEMA. Boubèye
Soumeylou Maïga (ministre de la Défense) est
premier vice-président de ce Conseil exécutif
et Soumaïla Cissé en est le troisième
vice-présidents.
Deux autres nouvelles structures, le Conseil national,
chargé du "contrôle d'orientation du parti", et
la Convention nationale, organe chargé le moment venu
de désigner, suivant un système de primaires,
le candidat du parti à la présidentielle de
2002, ont été créées durant ce
congrès extraordinaire.
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