- Le départ de la
scène politique de l'actuel président
Alpha Oumar Konaré, qui en est à son
deuxième et dernier mandat et quittera le pouvoir
le 8 juin 2002, avive les ambitions. Il y aura donc
pléthore de candidats pour l'élection
présidentielle qui aura lieu en avril, juste avant
les législatives.
-
- Amadou Toumani Touré
- L'ancien chef d'Etat, le général Amadou
Toumani Touré, qui ne s'est pas encore franchement
déclaré candidat, le sera de toute
évidence. Il a récemment lancé un
"Je vous ai compris" à quelques 3 000 de ses
partisans réunis dans un stade à Bamako
pour lui demander d'être candidat;
- Agé de 54 ans, il a obtenu en septembre
dernier une mise en "retraite anticipée" de
l'armée, condition obligatoire pour qu'il puisse
être candidat à la présidence.
- Ses atouts ? Il a dirigé le pays de mars 1991
à juin 1992 puis a quitté le pouvoir
dignement et l'a remis aux civils, ce qui est rare pour
un militaire en Afrique. Depuis, il a accompli avec plus
ou moins de succès (Ce fut bien difficile en
Centrafrique) des médiations politiques, et il a
aussi donné dans l'humanitaire.
- Autre atout, il n'est pas soutenu par un parti, et
pourra donc ratisser large selon l'expression
consacrée. Mais cet avantage de n'être pas
à l'étroit dans un parti pourra se
retourner contre lui, car il faut beaucoup de monde pour
mobiliser les électeurs en Afrique où les
campagnes électorales se font plus de village en
village qu'à la télévision.
- S'il est candidat Toumani Toure pourrait
fédérer autour de lui des parties comme le
MIRIA de Mohamed Lamine Traoré
(ancien ministre de l'Intérieur) et le
PARENA (Parti pour la renaissance
nationale)
- Le PARENA a été créé par
des dissidents du Congrès national d'initiative
démocratique (CNID, opposition), parti
d'opposition dirigé par Me Mountaga Tall.
- Le PARENA est présidé par Yoro
Diakité, professeur de mathématiques et
ancien ministre dans le deuxième gouvernement du
président Alpha Oumar Konaré. Ce parti
compte dans ses rangs d'anciens ministres de la
période de transition de 1991 à 1992, dont
Tiéblé Dramé (Affaires
étrangères), qui pourraient donc être
tentés de soutenir leur ancien "patron", le
général Toumani Touré.
-
- Ibrahim Boubacar Keita
- L'ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita
(alias IBK) vient d'être désigné
candidat à la présidentielle par son
parti, le Rassemblement pour la République
(RPM), à l'issue du premier congrès
de son parti qui s'est tenu le 13 janvier à
Bamako.
- IBK a été Premier ministre et a
dirigé l'Alliance pour la Démocratie au
Mali (ADEMA, au pouvoir), de 1994 à
octobre 2000 avant de démissionner et de
créer son propre parti en juin 2001. Il avait
démissionné de l'ADEMA n'étant pas
certain que ce parti le désignerait comme
candidat. Il avait aussi attendu en vain un signe du
président Konare pour le soutenir, signe qui n'est
jamais venu.
- La plupart des cadres de la direction et les
militants du RPM, qui se réclament de la social
démocratie et de l'opposition, sont issus de
l'ADEMA.
- Ses atouts ? Ibrahim Boubacar Keita a
entraîné avec lui une trentaine de
députés de l'ADEMA, des gens qui seront de
précieux relais lors de la campagne
électorale.
- Ses thèmes de campagne ? "L'Etat comme force
de régulation dans le partage des biens", la
solidarité et la lutte contre "la
déliquescence sociale et politique" et "le
règne de l'argent, de la corruption et de la
trahison".
-
- Soumaïla Cissé
- Le ministre de l'Equipement, Soumaïla
Cissé, a été investi le 5 janvier
candidat de l'Alliance pour la démocratie au Mali
(ADEMA, le parti du président Alpha Oumar
Konaré) pour la présidentielle.
- M. Cissé, qui était opposé au
ministre de la Défense, Soumeylou Boubeye
Maïga, a été choisi lors d'une
convention de l'ADEMA.
- Quatre hauts responsables du parti étaient au
départ en lice pour cette investiture. Des
élections primaires avaient été
initialement prévues pour permettre une
"pré-sélection" de deux candidats avant la
convention, mais elles avaient été
finalement annulées.
- Un des candidats s'est désisté et un
autre, le Premier ministre Mandé Sidibé, a
annoncé qu'il n'irait pas aux primaires en raison,
selon lui, de la violation des textes du parti.
- Soumaïla Cissé, 52 ans, part donc avec un
sérieux handicap, car il n'apparaît pas
comme l'homme de la synthèse au sein de son parti.
Il lui faudra panser les plaies ouvertes qui ont
résulté de la bataille au sein de l'ADEMA
et il lui sera bien difficile de mettre en ordre de
bataille derrière lui tous les rivaux d'hier.
- S'exprimant après son investiture,
Soumaïla Cissé a d'ailleurs plaidé en
faveur de "la cohésion et de l'unité pour
la victoire en 2002".
- Titulaire de diplômes supérieurs en
gestion des entreprises et en informatique, M.
Cissé occupe depuis février 2000 le
ministère de l'Equipement, de l'Aménagement
du territoire et de l'Urbanisme.
- Auparavant, M. Cissé qui avait
débuté sa carrière professionnelle
au sein de grands groupes en France (IBM, Pechiney,
Thomson), avait occupé les fonctions de
secrétaire général à la
présidence de la République, puis de
ministre des Finances en 1992.
- "Chouchou" des institutions financières
internationales, le candidat de l'Adéma a
déjà rédigé un projet de
société centré autour de la "lutte
contre la pauvreté par le micro-crédit, la
décentralisation et le renforcement de l'Etat de
droit", qu'il compte soumettre au parti.
-
- Choguel Maïga
- M. Choguel Maïga qui a été
reconduit sans problème le 30 octobre dernier
à la tête du Mouvement patriotique pour
le Renouveau (MPR, opposition), devrait lui
aussi être candidat et figurer parmi les
sérieux prétendants puisque son parti se
réclame de l'ancien chef d'Etat le
Général Moussa Traoré,
destitué en 1991 et emprisonné depuis.
- Le MPR a rendu public son projet de
société en vue des élections :
résolution de la crise scolaire, autosuffisance
alimentaire et désenclavement du Mali constituent
"les vastes chantiers" de ce parti qui a pour
emblème le tigre.
-
- Il faudra aussi compter sûrement sur la
candidature de Me Mountaga Tall, leader du
Congrès national d'initiative
démocratique (CNID-opposition), et
pourquoi pas sur celle de l'actuel Premier ministre,
Mandé Sidibé, qui a boudé les
primaires au sein de l'ADEMA mais qui n'a peut-être
pas dit son dernier mot.
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