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Lon disait que le président sortant Alpha Oumar Konaré souhaitait que lui succède à la présidence celui qui lui avait permis daccéder au pouvoir en 1992, lancien général Amadou Toumani Touré. Le souhait présidentiel semble donc se réaliser. Selon les résultats complets proclamés le 16 mai par le ministère de lAdministration territoriale - provisoires jusquà leur validation par la Cour constitutionnelle - M. Touré, appelé ATT par les Maliens, a obtenu au deuxième tour de lélection, disputé le 12 mai, 1.099.653 voix soit 64,35 % des suffrages exprimés.
Son adversaire Soumaïla Cissé, candidat de lAlliance pour la démocratie au Mali (ADEMA) , le parti dAlpha Konare, au pouvoir ces dix dernières années, a recueilli 609.320 voix (35,65 %). la participation au second tour a été encore plus faible quau premier : 30,17 % des quelque 5,7 millions dinscrits, contre 38% au premier tour, disputé le 28 avril.
Tous contre lADEMA
Cette élection a donné lieu à de multiples paradoxes, dont le moindre naura pas été labsence totale de soutien du président sortant en faveur du candidat de son parti, lADEMA. Soumaïla Cissé sest battu quasiment seul, non sans bénéficier toutefois dimportants moyens financiers. Un des pilliers de lADEMA, le ministre de la Défense, Soumeylou Boubeye Maiga, ne la lui aussi, soutenu que du bout des lèvres, ne cachant quà peine sa sympathie pour le général Amadou Toumani Touré dont il fut conseiller spécial lors de la période de transition en 1991-92.
Plus que la victoire dAmadou Toumani Touré, les Maliens ont semble-t-il voulu signifier par ce vote leur rancoeur ou leur désillusion de dix ans de régimes ADEMA. Au premier tour de lélection, disputé le 28 avril, ATT était arrivé en tête des 24 candidats en lice, avec 28,7% des voix. Il avait ensuite reçu le soutien de lancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) , arrivé troisième avec 21% des suffrages. Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), en appelant à soutenir ATT, bien quil eut estimé avoir été écarté injustement du deuxième tour, a lui aussi montré quil était pressé den finir avec lère Konaré. Comment expliquer sinon un tel soutien, alors que pendant la campagne du premier tour, les militant du parti dIBK, le rassemblement pour le Mali navaient pas de mots assez ironiques à légard du général Touré, un militaire qui ne connaît rien à la chose politique.
Comment expliquer aussi cet étonnant soutien à ATT du MPR, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR, parti dirigé par Choguel Maïga qui se réclame de lhéritage du président Moussa Traoré , délogé du pouvoir par ATT en 1990 ?
Ces retournements de la classe politique malienne ne favoriseront surement pas un regain denthousiasme pour la chose politique de la part des Maliens qui ont , pour beaucoup, bien du mal à comprendre ces retournements dalliances incongrues.
Cest donc un président sans parti, sans majorité parlementaire (les législa-tives sont prévues en juillet), qui accède au pouvoir dans un pays désespérément pauvre, et dont la seule richesse, le coton (voire lor) semble avoir sur-tout bénéficié à la nomenklatura de lADEMA.
Le futur président devra répondre à une très forte demande sociale des habitants, dont 64%, selon lONU, vivent dans la pauvreté.
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