|
Quavait donc de si urgent à faire à Libreville et Abidjan, Amadou Toumani Touré qui sest rendu dans ces deux capitales entre les deux tours pour y rencontrer les présidents Omar Bongo et Laurent Gbagbo ?
Ce voyage qualifié durgent par lentourage dATT a eu lieu le mardi 7 mai, alors que la cour constitutionnelle navait pas encore proclamé les résultats du premier tour du 28 avril, et lancien Premier ministre malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) , lui aussi engagé dans cette compétition électorale ne décolérait pas dêtre positionné en troisième position selon des résultats provisoires.
Le samedi 4 mai, devant plusieurs milliers de partisans, quatre des candidats à la présidentielle, Ibrahim Boubacar Keita (IBK) du Rassemblement pour le Mali (RPM) , Choguel Maïga du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) , Almamy Sylla du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP), et Me Mountaga Tall du Congrès national dinitiative démocratique (CNID) , tous membres de la coalition Espoir 2002, avaient qualifié le premier tour de pure mascarade qui navait pour ambition que de procéder à la nomination dun homme à la présidence de la République.
A cette heure, IBK, tout en appelant ses militants au calme, navait pas encore choisi : laisser courir ce quil considère comme un hold-up électoral ou faire descendre ses partisans dans la rue, au risque dêtre cataloguer pour longtemps par la bien pensante communauté internationale comme un faiseur de troubles.
A peine rentré du Gabon et de Côté divoire, Amadou Toumani Touré sest donc tout naturellement entretenu avec Ibrahim Boubacar Keita, qui, dès le lendemain, appelait ses militants à voter pour le général au second tour. Envolée comme par miracle une éventuelle contestation.
Effacés les griefs à légard dun futur président nommé !
Ainsi va le Mali démocratique. Lhistoire veut quen 1992, Amadou Toumani Touré, déjà tenté de se présenter à la présidentielle de 1997, ny aurait renoncé que sur linsistance expresse dOmar Bongo, à charge pour
le président Alpha Konaré de lui faciliter le passage du témoin en 2002. Aujourdhui, lhistoire - ou la rumeur, cest selon - veut quune sorte de deal similaire ait été conclu entre ATT et IBK. Un accord non écrit mais cautionné par les deux amis dIBK que sont Bongo et Gbagbo, selon lequel ATT se serait engagé à ne pas se représenter en 2007, à ne pas créer son propre parti politique et à choisir son Premier ministre dans la majorité qui sortira des urnes après les législatives.. en échange de quoi, IBK a tu sa colère.
De là à penser quau Mali, on a tendance à se transmettre le pouvoir entre gens de bonne compagnie ...
|