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Au nom de la réconciliation nationale lancien président malien Moussa Traoré a été gracié le 29 mai 2002 par le président Alpha Oumar Konaré, après plus de dix ans de détention. Officiellement, lancien chef dEtat, 65 ans, et son épouse Mariam, ont été libérés par souci de cohésion nationale et à titre humanitaire.
Porté au pouvoir en novembre 1968 par un coup dEtat qui avait renversé le régime de Modibo Keita, le général Moussa Traoré a régné sans partage sur le Mali pendant plus de 22 ans. Le 26 mars 1991, après un soulèvement populaire réprimé dans le sang et parachevé par un coup dEtat, lui et son épouse étaient arrêtés.
En 1992, il était condamné à mort pour crimes politiques, puis de nouveau condamné à la peine capitale en 1999 pour crimes économiques. Son épouse Mariam était également condamnée à mort pour crimes économiques.
Entre-temps, un des putschistes de 1991, Amadou Toumani Touré (ATT), était porté à la tête de lEtat et organisait la transition vers la démocratie.
En 1992, Alpha Oumar Konaré qui, hostile à la peine de mort, devait ensuite commuer la peine des époux Traoré en prison à perpétuité, était élu président.
Il y a deux ans, M. Konaré avait gracié des proches de lancien chef dEtat, dont Sékou Ly, un ancien ministre, et Ramos, frère de Mariam.
Avant le procès engagé en 1999 pour crimes économiques, la vox populi disait que Traoré avait détourné des milliards de dollars. Par la suite, il a plutôt été question de quelques centaines de millions de F.CFA.
Les conditions de détention du couple ont elles aussi évolué, à chaque étape de la réflexion de Konaré en vue de leur élargissement.
Séparés lun de lautre, ils avaient été réunis en 1999, à la veille de leur procès pour crimes économiques. Leur première résidence commune de Markala (270 km au nord de Bamako) était délabrée, la dernière en date avait téléphone, radio, télévision.
Moussa Traoré, devenu très religieux, a également changé, parlant ces derniers temps de pardon et de réconciliation. Au plan politique, un parti dopposition se réclamant de Moussa Traoré, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR, opposition), est maintenant devenu incontournable, bien que son leader, Choguel Maïga ait réalisé un très faible score lors de la dernière présidentielle..
La plupart des 24 candidats à cette élection présidentielle avait également, avec plus ou moins de fermeté, promis la libération de Moussa Traoré, comme gage de leur volonté doeuvrer à la réconciliation nationale, un des grands thèmes de la campagne électorale.
Interrogé après lannonce de sa libération, Moussa Traoré a dit quil ne savait pas sil allait refaire de la politique et que sa première tâche serait daller sincliner sur les tombes de ses parents. A la question de savoir sil était heureux de cette libération?, lex-chef dEtat a répondu: Libération! libération! Je dis de toutes façons que cest mon corps qui était privé de liberté, mais mon esprit ne létait pas.
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