N° 253
du 30/07/2002

Mali


Législatives
L’ancien parti au pouvoir, l’Adema, en tête du 1er tour
marqué par un désintérêt des électeurs

LAlliance pour la Démocratie au Mali (Adéma, majorité parlementaire sortante) a remporté 9 sièges de députés sur les 23 pourvus au premier tour le 14 juillet des élections législatives, selon les résultats définitifs publiés le 23 juillet par la Cour constitutionnelle à Bamako.
Le Rassemblement pour le Mali (RPM) de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Kéita arrive en seconde position avec quatre sièges.
Le Congrès d’initiative démocratique (CNID) de Me Mountaga Tall obtient trois sièges, le BDIA et le RAMAT deux députés, le Parti de la renaissance nationale (PARENA), le RDT, et le Mouvement patriotique pour le Renouveau (MPR) remportent chacun un siège.
123 sièges restent à pourvoir lors du second tour, prévu le 28 juillet, et l’Adéma est en ballottage favorable dans une vingtaine de circonscriptions électorales
La Cour constitutionnelle a annulé pour “irrégularités” les suffrages exprimés dans “tous les bureaux de votes itinérants du Mali”, ainsi que le scrutin dans la circonscription électorale de Tine-Essako (nord). Ces irrégularités concernent notamment des falsifications de procès-verbaux, la distribution “anarchique” des cartes d’électeurs, des votes multiples, le dépouillement “clandestin” des votes et la “corruption” d’électeurs, a indiqué la cour. Les suffrages exprimés dans les 431 bureaux de votes itinérants ont ainsi été invalidés par la Cour constitutionnelle qui a précisé que cette invalidation n’entraîne pas l’annulation du premier tour des législatives.
En revanche, le vote sera repris dans la circonscription électorale de Tine-Essako, dans un délai de trois mois selon la loi malienne. Au total, ce sont quelque 160 000 voix qui ont été annulées au premier tour de ces législatives. La plupart de ces bureaux de votes itinérants où le scrutin a été annulé pour “irrégularités” (Goundam, Tombouctou, Diré, Kidal, Abeibara...) se trouvent dans le nord du Mali.

Sur environ cinq millions d’électeurs inscrits, 1.2O5.238 personnes ont voté sur le territoire national, soit un taux de participation de 23%. Un taux de participation qui baisse encore si l’on prend en compte les plus de 160 000 voix annulées.
La cour a confirmé l’élection dès le premier tour de personnalités marquantes de la vie politique malienne comme l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Kéita, Me Mountaga Tall et Ali Diallo, président de l’Assemblée nationale sortante .
Divers incidents plus rocambolesques les uns que les autres ont marqué ce scrutin. Quatre des six maires de Bamako ont été “suspendus” pour trois mois pour “faute lourde” par le ministère de l’Administration territoriale, en raison d’une affaire de cartes d’électeurs mystérieusement disparues, 55.000 cartes au total.
Le 14 juillet, jour du scrutin, une trentaine de personnes, dont la plupart étaient en possession de cartes disparues, ont été arrêtées pour “fraude”.


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