N° 254
du 02/09/2002

Mali


Législatives: aucun parti ou alliance de partis
n’obtient la majorité absolue

Aucun parti ou alliance de partis n’a obtenu la majorité absolue, selon les résultats définitifs des élections législatives proclamés le 10 août par la Cour constitutionnelle. Le Rassemblement pour le Mali (RPM), de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Kéita (“IBK”) arrive en tête avec 46 sièges de députés contre 45 à l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma, majorité sortante).
Au niveau des alliances, “Espoir 2002”, piloté par le RPM, totalise 66 sièges contre 51 à son rival, l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) dirigée par l’ADEMA.
Finalement, 139 sièges ont été pourvus, la cour ayant annulé les résultats des circonscriptions électorales de Sikasso au sud et Tine-Essako dans le nord, soit un total de huit sièges, respectivement pour “vice de procédure” et pour “fraude massive”. Des partielles y seront à nouveau organisées dans un délai de trois mois.
Par ailleurs, l’annulation de plusieurs dizaines de milliers de voix pour diverses irrégularités (fraude, corruption, intimidation) a modifié les résultats provisoires publiés par le ministère malien de l’Administration territoriale, qui donnaient l’ADEMA et ses partisans vainqueurs.
Les autres résultats: le Congrès d’Initiative démocratique (CNID) enlève 13 sièges alors que le SADI de l’ex-leader estudiantin Oumar Mariko obtient six sièges. Cinq autres partis politiques maliens, partisans déclarés du président Amadou Toumani Touré et regroupés au sein de l’alliance dénommée “ACC” totalisent 10 sièges alors que des candidats indépendants enlèvent six sièges. Enfin, des petites formations alliées à Espoir 2002 et à l’ARD ont remporté treize sièges.
Les résultats définitifs indiquent un effondrement de l’ADEMA qui détenait dans l’ancienne Assemblée 127 des 147 sièges de députés. Cet effondrement est le fruit des divisions au sein de l’ancien parti parti au pouvoir, de l’invalidation d’une vingtaine de ses candidats avant le scrutin, et peut-être surtout d’un faible bilan socio-économique à mettre en avant.
En revanche, le RPM de “IBK” a fait une entrée remarquée, de même que son allié du CNID de Me Mountaga Tall dont c’est le “grand retour” à l’Assemblée nationale après avoir boycotté les élections législatives de 1997. Créé il y a à peine sept mois, le Sadi de l’ex-leader estudiantin Oumar Mariko (qui n’a pas été élu) fait une aussi une entrée remarquée au Parlement avec six députés.
Sans parti politique, le président Amadou Toumani Touré, a toujours déclaré qu’il gouvernera avec la majorité qui se dégagera de l’assemblée.


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