N° 255
du 17/09/2002

Mali


Visite officielle du président Toumani Touré en France
Coopération et immigration au programme

Le président malien Amadou Toumani Touré s’est montré embarrassé par le difficile problème posé par l’immigration, souvent illégale, de ses compatriotes en France, mais s’est déclaré satisfait dans le domaine de la coopération, à l’issue de sa visite officielle à Paris du 9 au 12 septembre.
Le président a abordé la question importante, pour les autorités françaises, de l’immigration et des sans-papiers, au cours d’une conférence de presse, après avoir rencontré à ce sujet le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy.
“M. Sarkozy a été invité à Bamako, nous entendrons ce que veulent nous dire les Français et nous leur dirons ce que nous en pensons”, a-t-il déclaré.
A l’issue de leur réunion, le ministre français, qui doit se rendre prochainement à Bamako, avait annoncé que la France apporterait son aide au Mali, notamment pour “sécuriser” les documents administratifs, en particulier les documents d’identité, et “aider à l’organisation de la police malienne” pour “une meilleure gestion des flux migratoires”.
“Nous avons abordé la question de la réadmission” des immigrés en situation irrégulière, “c’est une question sensible”, a affirmé M. Sarkozy, “les Maliens ont parfois mal ressenti des initiatives unilatérales, mais ils sont prêts à accepter des réadmissions si cela se fait dans le cadre d’un partenariat”.
“Je n’ai donné un accord sur rien. Les discussions auront lieu avec M. Sarkozy à Bamako (...) Je comprends leur désarroi (des Maliens, ndlr), ce sont mes frères et soeurs, je suis à leur écoute. J’ai le devoir de protéger tout le monde, qu’ils soient ou non des sans papiers. Nous n’avons pas discuté de qui doit rester ou non en France, et qui doit retourner au Mali”, a expliqué “ATT”, visiblement ennuyé par les questions sur le sujet.
“Mais, a-t-il poursuivi, nous parlerons aussi de ceux qui sont bien intégrés, depuis deux ou trois générations, et de ceux qui sont nés en France. Nous parlerons aussi de la polygamie et du co-développement”.
Le président s’est prononcé en faveur de la création d’un ministère chargé de l’intégration africaine et des Maliens de l’extérieur.
Environ 60.000 Maliens vivent en situation irrégulière en France, selon le consulat, le double du nombre des Maliens en situation régulière.

Sur le plan de la coopération, le président malien s’est montré nettement plus enthousiaste sur sa visite à Paris.
Le Mali a obtenu un effacement de 40% de sa dette monétaire envers Paris. La dette monétaire du Mali vis-à-vis de la France s’élève à environ 200 millions d’euros, sur une dette globale de 520 millions d’euros.
Cette dette avait été contractée par Bamako en 1984 lors de sa réintégration dans la zone CFA.
Paris s’est également engagé à “effectuer l’étude technique de l’impact sur l’environnement pour le projet du barrage de Tossaye, sur le fleuve Niger”.
La France va également intervenir, en coopération avec la Belgique, dans le domaine hospitalier.
La France est le premier bailleur de fonds bilatéral du Mali avec environ 60 millions d’euros par an.


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