N° 251
du 18/06/2002

Mauritanie


Information judiciaire ouverte en France
contre des responsables mauritaniens

Une information judiciaire a été ouverte par le procureur de Clermont-Ferrand (centre de la France) à la suite d’une plainte d’un Français d’origine mauritanienne, Mohamed Baba, qui accuse la police de Mauritanie d’actes de torture, a annoncé la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH).
“Nous nous félicitons de l’ouverture rapide de cette information judiciaire contre X pour crimes de torture et actes de barbarie aggravés. Cela indique que le procureur a estimé qu’il y avait des éléments très sérieux et convaincants dans la plainte de M. Baba”, a indiqué l’avocat de la FIDH, Maître Patrick Baudoin.
La plainte a été déposée le 3 juin à Clermont-Ferrand, où réside M. Baba.
Selon la FIDH cette plainte vise “divers membres et hauts responsables de la direction de la sûreté de l’Etat mauritanien”, ainsi que le ministre de l’Intérieur et “toute personne qui aurait participé aux faits incriminés”.
M. Baba a été interpellé le 12 avril, au lendemain de son arrivée en Mauritanie où il était venu “rendre visite à sa famille”, et il a été emmené à la direction de la Sûreté de l’Etat à Nouakchott, selon un la FIDH.
Au cours de l’interrogatoire (...) les autorités mauritaniennes ont tenté d’établir un lien entre lui et un mouvement d’opposition non reconnu. “M. Baba, préalablement débarrassé de ses vêtements, sera soumis jour après jour à diverses techniques de torture”, avant d’être relâché le 21 avril “après neuf jours de détention arbitraire, de tortures physiques atroces et de pressions psychologiques”, affirme encore la FIDH.
La police mauritanienne a dénoncé le “caractère douteux” de la plainte de M. Baba.
Dans un communiqué émanant de la sûreté d’Etat, le commissaire principal Deddahy Ould Mohamed, nommément cité dans cette plainte, estime “étonnant que le plaignant ait attendu le début du mois de juin pour porter plainte pour des faits qui remontent à avril dernier”.
Selon M. Deddahy, “M. Baba est entré au pays clandestinement (sans visa), en tant que chef d’une organisation subversive mauritanienne, dans le but d’organiser des troubles dans son pays”, allusion à l’organisation clandestine Conscience et Résistance (CR), interdite par le gouvernement.


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