N° 255
du 17/09/2002

Mauritanie


Paris et Nouakchott étudient
de nouvelles formes de coopération militaire

La ministre française de la Défense, Mme Michèle Alliot-Marie, a examiné le 06/09 avec les autorités mauritaniennes les modalités de reprise de la coopération militaire entre Nouakchott et Paris, sous des “formes nouvelles” basées sur la “réciprocité”.
La coopération militaire a été suspendue en 1999 par la Mauritanie, à la suite de l’arrestation en France d’un officier mauritanien, le capitaine Ely Ould Dah, accusé d’actes de torture par des organisations de défense des droits de l’Homme. Placé sous contrôle judiciaire, cet officier a fui la France en 2000.
“Nous souhaitons que cette coopération reprenne rapidement, et c’est également le souhait du président et du gouvernement mauritaniens”, a déclaré Mme Alliot-Marie, après avoir rencontré à Nouakchott le chef de l’Etat mauritanien, Maaouiya Ould Taya et son homologue mauritanien à la Défense, Kaba Ould Aléwa.
Pour la ministre française, la future coopération militaire franco-mauritanienne doit être “vraiment paritaire et égale”, établie sur une “base de grande réciprocité”.
La France, a-t-elle souligné, “souhaite soutenir les efforts de la Mauritanie” pour “la paix et la stabilité” de la région et pour mener des “actions civilo-militaires en faveur des populations”. Mais, a-t-elle ajouté, la France attend aussi “ce que l’armée mauritanienne peut (lui) apporter”.

Rappel : Les relations entre la France et la Mauritanie ont subi un net refroidissement en 1999, lorsque des poursuites judiciaires ont été engagées en France contre le capitaine mauritanien Ely Ould Dah, sur plainte notamment de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH).
Accusé d’avoir torturé en 1991 en Mauritanie deux militaires négro-mauritaniens soupçonnés d’avoir participé un an plus tôt à une tentative de coup d’Etat contre le président Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, cet officier avait été inculpé puis écroué en juillet 1999 à Montpellier (sud de la France).
Il avait bénéficié le 28 septembre de la même année d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, puis avait quitté la France sans autorisation en avril 2000, pour rejoindre la Mauritanie. Le capitaine Ould Dah est toujours poursuivi à ce jour par la justice française.
Nouakchott avait réagi à l’arrestation de l’officier en expulsant les coopérants et instructeurs militaires français de Mauritanie, en instaurant le visa pour les Français se rendant en Mauritanie et en rappelant les militaires mauritaniens en stage dans les écoles militaires françaises.
En juin 2001, le ministre français des Affaires étrangères d’alors, Hubert Védrine, s’était rendu en visite officielle à Nouakchott. Il avait déclaré que la coopération militaire franco-mauritanienne reprendrait “quand la Mauritanie le souhaiterait”, ce qui n’a pas semblé être le cas jusqu’à présent.
Le président mauritanien ne s’était, quant à lui, pas rendu en France depuis l’affaire Ould Dah, mais il est allé le mois dernier à Paris avec son épouse pour un “séjour privé”.
Mme Alliot-Marie représente en outre la droite française, revenue au pouvoir en mai de cette année et avec laquelle le gouvernement du président Taya a toujours entretenu des relations “marquées par la sérénité et la détente”, souligne-t-on de sources proches du parti au pouvoir.
La France est le premier partenaire commercial de la Mauritanie et le principal pourvoyeur d’aide publique au développement.


Retour au sommaire MAURITANIE

Retour Home