N° 248
du 18/04/2002

Mauritanie


Chbih ould Cheikh Malaïnine
L'opposant mauritanien en détention depuis un an

Tous les partis d'opposition et quelques organisations de défense des droits de l'Homme de Mauritanie ont dénoncé le 8 avril à Nouakchott "le maintien en détention arbitraire" de l'opposant Chbih ould Cheikh Malaïnine en prison depuis un an.
M. Malaïnine, président du Front populaire (FP), avait été arrêté le 8 avril 2001 et condamné en juin à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs. Il avait été accusé d'avoir préparé des opérations de sabotage et de terrorisme pour prendre le pouvoir, ce qu'il a toujours nié.
Le maintien en prison de Chbih ould Cheikh Malaïnine est un "acte contraire à la démocratie et aux libertés individuelles et collectives garanties par la constitution mauritanienne", ont indiqué les dirigeants de ces formations politiques et de défense des droits de l'Homme, lors d'une "journée de solidarité" organisée par le Front populaire pour rappeler "les 365 jours de détention" de son président à Aioun (850 km à l'est de Nouakchott).
Ces leaders, parmi lesquels figuraient des responsables d'Action pour le changement (AC, officiellement dissout), du Rassemblement des forces démocratiques (RFD d'Ahmed ould Daddah), de l'Alliance populaire progressiste (APP, d'obédience nassériste), de l'Union des forces du progrès (UFP), ont demandé une "libération immédiate et sans condition" pour Chbih ould Cheikh Malaïnine, accusant le pouvoir "d'adopter les mêmes méthodes de bannissement et d'incarcération que les Etats-Unis et leur allié israélien".
Les dirigeants ont par ailleurs affirmé la "nécessité de faire face au rapprochement spectaculaire" de la Mauritanie avec Israël qui, selon eux, "continue de perpétrer des crimes odieux contre le peuple palestinien en quête de son indépendance et de sa liberté".
Dans un communiqué, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (RADDHO), organisation basée à Dakar, a également demandé "la libération immédiate et sans condition" de Chbih ould Cheikh Malaïnine, estimant que "les faits qui lui étaient imputés n'ont jamais été prouvés devant la justice".


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