N° 234
du 03/09/2001

Mauritanie


Elections municipales et législatives
Une partie de l'opposition ira aux urnes

Le ministère de l'intérieur a reçu 551 listes de candidats pour les prochaines élections municipales qui se dérouleront dans les 216 communes du pays.
A la date limite fixée pour le dépôt des listes, douze partis politiques et huit coalitions de partis ont présenté leurs listes.
Au nombre de listes, le Parti républicain démocratique et social (PRDS, au pouvoir) arrive en tête avec 216 listes, suivi de deux partis de la mouvance présidentielle: l'Union pour la démocratie et le progrès (UDP, 89 listes) et le Rassemblement pour la démocratie et l'unité (RDU, 72 listes).
Au sein de l'opposition, le plus grand nombre de listes est présenté par le Rassemblement des forces démocratiques (RFD, "radical") avec 49 listes et l'Union des Forces du progrès (UFP, modérée) qui présente 37 listes.
Parmi les candidats du PRDS figurent plusieurs ministres et cinquante femmes, dont deux sont têtes de listes.
L'opposition n'a pas encore dévoilé sa stratégie pour ces consultations qu'elle souhaitait voir reporter.
Plus de 3.000 candidats sont engagés dans la compétition.
Seul le PRDS présente des candidats dans toutes les circonscriptions électorales.
Le vote aura lieu le 19 octobre prochain en même temps que des législatives sur des listes séparées.

L'Alliance populaire progressiste (APP, opposition) a décidé de boycotter les municipales et les législatives. Selon le Secrétaire général de l'APP, Mohamed Hafed Ould Ismaël, cette décision a été prise en raison du refus du gouvernement de reporter les scrutins, demande formulée par une dizaine de partis d'opposition, a-t-il précisé.
M. Ould Ismaël a accusé le pouvoir de "s'entêter à gérer unilatéralement le processus démocratique, de refuser tout dialogue avec l'opposition sur l'avenir du pays et de n'offrir aucune garantie sérieuse pour la transparence des élections futures".
Réunis le 16 août, les partis d'opposition n'avaient pas réussi à se mettre d'accord pour boycotter les élections et avaient décidé de laisser à chaque parti sa liberté de choix.
L'Action pour le changement (AC - opposition) participera aussi aux scrutins.
Le Front populaire (FP), dont le président Chbih Ould Cheikh Malaïnine purge une peine de cinq ans de prison, a expliqué qu'il participait à l'élection pour saisir l'opportunité que lui offre la campagne électorale pour "mettre à nu les politiques chaotiques du régime" et "amplifier la campagne pour la libération" de son dirigeant. Ould Malaïnine et deux co-accusés, ont été condamnés le 14 juin dernier à cinq ans de prison par la Cour criminelle d'Aïoun (850 km de Nouakchott) pour "association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de sabotage et de terrorisme" en Mauritanie.

Pour sa part, le Front Démocratique pour le Salut et la Lutte contre la Normalisation avec Israël qui comprend des partis politiques, des courants de pensée et des hommes politiques indépendants, a publié un communiqué appelant au boycott.
Il exige avant toute participation aux élections la tenue d'un congrès de réconciliation nationale, la "libération des détenus politiques", l'annulation des décisions de dissolution qui frappe deux partis politiques et la rupture des relations avec "l'ennemi sioniste".
La Mauritanie compte 29 partis politiques "légaux".


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