N° 238
du 31/10/2001

Mauritanie


Législatives et communales
Le PRDS au pouvoir renforce sa majorité

Le second tour des élections législatives et municipales a permis au PRDS (au pouvoir) de confirmer son hégémonie sur la vie politique mauritanienne au niveau de l'Assemblée nationale et des communes, selon les résultats définitifs publiés le 27 octobre par le ministère de l'Intérieur.
Le PRDS (Parti républicain démocratique et social) a en effet remporté 10 des 13 sièges à pouvoir au second tour des législatives du 26 octobre, portant ainsi le nombre de ses élus à 64 sur les 81 sièges à l'Assemblée nationale.
Le parti au pouvoir avait obtenu 56 sièges au premier tour, dont 5 grâce à une coalition avec deux partis de la mouvance présidentielle.
Selon les résultats, l'Union des Forces de Progrès (UFP, opposition) a gagné deux sièges supplémentaires au second tour et le Rassemblement pour la démocratie et l'Unité (mouvance présidentielle), un siège.
Au total, l'opposition va faire son entrée à l'Assemblée avec un total de onze députés: 4 sièges pour Action pour le Changement, 3 pour le Rassemblement des forces démocratiques, 3 pour l'UFP et un siège pour le Front Populaire.
Deux partis de la majorité présidentielle, le RDU et l'Union pour la Démocratie et le Progrès, obtiennent respectivement quatre et deux sièges.
 
Aux municipales, le parti au pouvoir a remporté 12 communes au second tour, ce qui lui permet de contrôler 184 communes sur les 216 du pays pour un total de 2.431 conseillers municipaux au niveau national.
Les deux partis de la majorité présidentielle, UDP et RDU viennent en seconde position avec respectivement 11 et 8 communes, devant les partis d'opposition qui, grâce à leurs résultats dans la communauté urbaine de Nouakchott, contrôleront 13 communes au total.
Ainsi AC et RFD ont remporté chacun 4 communes dont trois pour chacun à Nouakchott, tandis que l'UFP contrôle désormais 5 municipalités, dont la ville de Boghé, dans la vallée du fleuve Sénégal.
L'opposition ne pourra cependant pas prendre la tête de la Communauté Urbaine de Nouakchott où elle a gagné 6 communes sur 9. Selon la loi, le président de cette communauté doit revenir au parti qui dispose de la majorité de conseillers municipaux, c'est à dire le PRDS qui a reporté 87 sièges de conseillers contre 53 au RFP et 49 à AC.
Par ailleurs, le parti au pouvoir a pris le contrôle des autres grandes villes à l'exception de Sélibaby remportée par AC, confirmant notamment sa position de force à Nouadhibou, Rosso et Kaédi qui, avec Nouakchott, constituaient le véritable enjeu du second tour des municipales.
Les résultats des municipales permettront au PRDS de continuer à dominer le Sénat, dont un tiers sera renouvelé en 2002, tout en offrant à l'opposition la possibilité d'y négocier quelques sièges, puisque le corps électoral pour les sénatoriales regroupe les conseillers municipaux.
 
L'opposition satisfaite
 
Les leaders de l'opposition ont salué la neutralité de l'administration et la transparence de ce scrutin, auquel ils participaient après de longues années de boycott systématique observé pour protester contre la fraude massive qui marquait, selon eux, les précédents votes.
Le leader d'AC, Messaoud Ould Boulkheir, a déclaré que si la volonté politique de jouer franc jeu se confirmait pour les prochaines consultations électorales, cela serait de bon augure pour son parti, qui vient d'émerger comme première formation d'opposition au plan national.
Le président Ould Taya a pour sa part publié un communiqué dans lequel il a félicité son peuple et l'ensemble de la classe politique, ainsi que l'administration, pour la "sérénité et le calme" qui ont marqué les élections, qualifiant le succès de cette expérience de "modèle" dans les pays en développement.


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