- Le Premier ministre Cheikh
El-Avia ould Mohamed Khouna a publiquement
accusé le 24 décembre "un groupe de
l'opposition" d'avoir été responsable des
événements tragiques ayant opposé le
Sénégal et la Mauritanie en 1989.
- Ces propos, prononcés à
l'Assemblée nationale, ont suscité une
réaction immédiate du groupe parlementaire
de l'opposition qui a décidé de se retirer
des discussions.
- Faisant allusion à l'opposition, le Premier
ministre a dénoncé "un groupe directement
responsable de la grande épreuve dont avaient
été victimes en 1989 un demi-million de
Mauritaniens au Sénégal."
- Selon M. ould Mohamed Khouna, les Mauritaniens
"victimes de cette crise de 89 avaient perdu leur vie et
leurs biens, pillés durant les
événements qui ont également
détruit le bel exemple de relations qui existaient
entre le Sénégal et la Mauritanie".
- Le Premier ministre a accusé "ce groupe" qu'il
n'a pas nommé, "de planifier un nouveau crime,
maintenant que la sagesse des deux présidents
mauritanien et sénégalais a su ramener ces
relations à un niveau exemplaire".
- L'opposition, dont notamment les 4
députés de Action pour le Changement
(AC), souvent accusée d'un
extrémisme dont elle se défend, s'est bien
évidemment sentie visée.
- Le leader harratine (descendant d'esclaves noirs) qui
préside AC, Messaoud Ould Boulkheir, a
estimé que "ces propos sont inadmissibles". Il a
déclaré qu'il croyait à "une
volonté effective du gouvernement (mauritanien) de
dissoudre" son parti, Action pour le Changement (AC,
opposition).
- M. Ould Boulkheir et d'autres députés
de son parti avaient posé le problème de
l'esclavage qui, selon eux, "existe toujours" et celui
des "victimes des événements de 1989 qui
attendent d'être réhabilitées",
suscitant la colère du Premier ministre et des
responsables du Parti républicain
démocratique et social (PRDS, au
pouvoir), pour qui ces problèmes sont
dépassés.
- L'opposant Mohamed Mahmoud Ould Lemmatt,
président du Rassemblement des forces
démocratiques (RFD), a de son
côté demandé que le Premier ministre
"retire ses propos, pour le bien de la
démocratie".
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- Rappel : déclenchés par un
incident frontalier a priori mineur entre la
Mauritanie et le Sénégal, les
affrontements de 1989 avaient fait plusieurs centaines
de morts.
- Durant la campagne pour les législatives
d'octobre dernier, M. Ould Boulkheir avait
estimé que "la communauté
négro-mauritanienne avait frôlé
l'extermination et se devait d'être
réhabilitée".
- Qualifiant le discours de l'opposition radicale
"d'incendiaire", le PRDS avait alors accusé ses
leaders d'"appeler à la violence".
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