N° 271
du 03/06/2003

Mauritanie


Procès de baasistes
9 peines légères, 2 acquittements

Neuf des onze militants baasistes mauritaniens, dont le procès s’est tenu le 29/05 à Nouakchott, ont été condamnés chacun à une peine de trois mois de prison avec sursis et les deux autres ont été acquittés. Les baasistes, des nationalistes arabes pro-irakiens, étaient accusés de «création d’une association non-autorisée et de réorganisation d’un parti politique dissous par la loi».
Dix d’entre eux avaient été inculpés le 11 mai, le onzième, Ahmedou ould Babana, ancien secrétaire général du Parti de l’avant-garde (jugé proche du leader irakien déchu Saddam Hussein), avait été arrêté après plusieurs jours de recherche.
Selon leurs avocats, les prévenus ont tous «recouvré la liberté» et sont rentrés chez eux après la lecture du verdict lors d’un procès public.

En marge de ce procès le Parti républicain démocratique et social (PRDS), au pouvoir, a accusé la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH, basée à Paris) de «soutenir le combat des terroristes en Mauritanie».
Ces accusations, contenues dans un communiqué du PRDS, sont une réponse aux dénonciations de la FIDH contre le régime mauritanien, accusé de violations de droits de l’homme après la vague d’arrestations dans les milieux islamistes et baasistes pro-irakiens. La FIDH avait affirmé que les arrestations de présumés islamistes depuis début mai en Mauritanie «relèvent d’une stratégie visant à museler toute forme d’opposition (...) dans un contexte pré-électoral», la présidentielle étant prévue le 7 novembre.
La FIDH, un «instrument qui encourage ceux qui font l’apologie de la haine et la violence (...) a toujours été présente là ou il y a terrorisme, violence et guerre civile», a écrit le PRDS lançant un appel aux militants des droits de l’homme pour dénoncer la collusion «des dirigeants de la FIDH avec les extrémistes de tout bord».
Ce qui n’a pas tardé. Plus d’une centaine d’ONG mauritaniennes ont dénoncé la FIDH en l’accusant de «soutenir le terrorisme».
La FIDH soutient le terrorisme «en appuyant ceux qui, au nom de l’islam, veulent déstabiliser la Mauritanie», ont à leur tour affirmé dans plusieurs communiqués ces organisations qui se réclament de la «société civile».
Les communiqués émanent notamment des membres du Collectif des ONG pour l’appui au développement, de l’Organisation de lutte contre les séquelles de l’esclavage, l’association de la Terre verte et la ligue des ONG impliquées dans le développement des ressources humaines.
L’ensemble de ces communiqués ont encore accusé la FIDH de faire «du malheur des nations un fonds de commerce» et de prendre «fait et cause pour tous les Ben Laden du monde musulman».
Le 18 mai, le Premier ministre, Cheikh El-Avia ould Mohamed Khouna, avait accusé les extrémistes de «tenter de faire de la Mauritanie un terrain de rechange après leur échec dans d’autres contrées», en estimant que des «filières» recevant leurs ordres de l’étranger avaient entamé dans le pays une entreprise d’embrigadement de jeunes gens pour des activités subversives.


Sommaire MAURITANIE

Sommaire Home Page