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Le parti au pouvoir accuse la FIDH de favoriser linstabilité du pays
Le parti républicain démocratique et social (PRDS, au pouvoir en Mauritanie) a accusé le 14 juin la Fédération internationale des ligues des droits de lhomme (FIDH) et la Rencontre africaine pour les droits de lHomme (RADDHO) de «favoriser linstabilité de la Mauritanie».
Ces deux organisations envoient au peuple mauritanien des «insultes grossières, mensonges éhontés et anathèmes peu glorieux», a accusé le PRDS dans une déclaration intitulée «la FIDH et ses acolytes : des fossoyeurs des nations».
Selon le PRDS, parti du président Maaouiya Ould Taya, la FIDH (basée à Paris) et la RADDHO (basée à Dakar) se sont senties «obligées» de condamner la tentative de coup dEtat du 8 juin, mise en échec par larmée régulière après 36 heures de combats.
Mais «cette condamnation tardive a été noyée dans un discours malhonnête et aveugle qui lui enlève toute portée», a estimé le PRDS, pour qui la FIDH et la RADDHO sont des organisations antidémocratiques, nuisibles au progrès économique et culturel des peuples.
La RADDHO et la FIDH ont condamné la tentative de coup dEtat du 8 juin, tout en invitant le régime mauritanien à la réflexion sur létat de la «démocratie» dans son pays.
Dans un communiqué, la RADDHO a mis «en garde les présidents dinosaures et ethnocrates qui se maintiennent (au pouvoir) par la manipulation des institutions, la répression des leaders de lopposition, le harcèlement et lintimidation des défenseurs des droits humains, la censure de la presse libre, bref, par le verrouillage global du système démocratique».
Ce «type de régime», selon la RADDHO, caractérise, entre autres pays, la Mauritanie.
La FIDH a estimé de son côté que la tentative de putsch était intervenue «dans un contexte de répression arbitraire menée par le pouvoir, visant largement lopposition».
Limogeage du chef détat-major de la gendarmerie
Le président mauritanien Maaouiya Ould Taya a limogé le 12/06 le chef détat-major de la gendarmerie nationale, Né Ould Abdelmalek. Il la remplacé par le colonel Mohamed Mahmoud Ould Deh, qui était directeur général du port de Nouakchott.
Né Ould Abdelmalek, qui était à la tête de la gendarmerie depuis 1987, était réputé très proche du président. Mais, selon des sources non officielles, le pouvoir aurait jugé lattitude de la gendarmerie quelque peu passive durant la tentative de coup dEtat.
Limogeage du chef détat-major de la garde nationale
Le président a aussi limogé le chef détat-major de la garde nationale, le colonel Wallad Ould Haimdoune, quil a remplacé par le colonel Ainina Ould Eyih. Avant sa nomination, le colonel Ould Eyih était directeur du Bureau des études et de la documentation (BED, renseignements généraux).
Avis de recherche contre neuf officiers
Par ailleurs, les autorités ont lancé un avis de recherche contre neuf officiers en fuite, auteurs présumés de la tentative de coup dEtat du 8 juin. Il sagit dun ancien commandant radié de larmée, Saleh Ould Hanenna, présenté comme lauteur principal de la tentative de putsch, et de huit autres militaires - deux commandants, quatre capitaines et deux lieutenants - dont les identités nont pas été communiquées.
En annonçant lui-même léchec de la tentative de putsch, M. Ould Taya avait précisé que des «officiers de larmée nationale» en étaient les auteurs. Ces officiers, avait-il dit, avaient «mis la main» sur une unité de blindés, que les forces loyalistes avaient dû détruire «char après char».
Le Parlement mauritanien a adopté de son côté une motion condamnant le putsch et qualifiant ses auteurs de «force de trahison et dagression aveugle qui, par cette tentative infâme, voulait ramener (le peuple mauritanien) au temps maudit des complots, qui est à jamais révolu».
«Les chiens peuvent aboyer, mais la caravane des changements et des mutations en faveur de la liberté et de la démocratie continuera son chemin», ajoute la motion.
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