N° 274
du 16/07/2003

Mauritanie


Le président fait un lien entre
le putsch manqué et les islamistes

Le président Maaouiya Ould Taya a mis en relation samedi le putsch manqué du 8 juin et l’affaire des islamistes qui ont appelé au Jihad (guerre sainte) contre son régime.
Le président s’exprimait le 12/07 devant une foule nombreuse dans la ville minière de Zoueratt, où il a inauguré un nouveau gisement de fer et une nouvelle extension de l’aéroport de cette ville.
Les islamistes et les putschistes qui ont presque agi dans la même période «se partageaient les rôles ou se livraient à une course vers la prise du pouvoir», a lancé le président Ould Taya.
Il s’est dit étonné par cette simultanéité des deux actions qui, selon lui, «ont visé, contrairement à ce que disent leurs auteurs, plutôt la destruction des fondements de la Nation et de ses réalisations multiples au plan démocratique, économique et social».
Le coup d’Etat manqué, a ajouté M. Ould Taya, a été mené par un groupe d’officiers et de sous-officiers qui ont pris le contrôle de plusieurs blindés, ont mobilisé quelques éléments de l’armée de l’air et ont mis la main sur quelques moyens du génie militaire.
Les assaillants, a-t-il expliqué, ont «dû faire croire à une attaque terroriste ou de brigands contre la présidence de la République» pour engager avec eux des éléments qui, en réalité, pensaient agir dans le cadre d’une opération de défense de la nation.
Selon lui, les putschistes n’ont obtenu l’adhésion d’aucune unité de «l’armée qui était restée loyaliste, républicaine et entièrement au service de la nation».
Il s’est dit «surpris» par ce putsch qui est intervenu à cinq mois de l’élection présidentielle et qui visait «un régime qui a su répandre l’égalité, la démocratie (...)» en Mauritanie.
Quelque 32 personnes considérées par le gouvernement comme «extrémistes» religieux, dont des imams et des hommes de prêche, sont actuellement en instance de jugement et risquent des peines de prison avec travaux forcés pouvant aller de 10 à 20 ans.

Quelques jours plus tard, l’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle) a dressé un virulent réquisitoire contre les islamistes et les auteurs du putsch manqué qu’elle a accusés d’avoir «bradé leur religion, leur nation et leur honneur».
L’AMI a accusé ces islamistes d’avoir reçu des «sommes modiques d’argent de leurs maîtres à l’étranger», pour «ternir l’image d’une Mauritanie attachée à l’islam pur et freiner sa marche vers le développement».
«Ceux qui ont exploité les tribunes des mosquées pour prêcher la violence et ceux qui ont pris les chars pour semer destructions et meurtres étaient manipulés par les rancunes et les rancœurs ataviques (des) ennemis de notre peuple», a ajouté l’Agence.


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