| L’ancien président
Mohamed Khouna Ould Haidalla candidat à la présidentielle
du 7 novembre a déposé le 30/12 un recours devant le Conseil
constitutionnel pour protester contre les résultats de ce scrutin,
a annoncé son avocat Moloud Vall Seyed, soutenant que son client
avait «réuni toutes les preuves sur la fraude massive et
vulgaire constatée durant le vote». Selon les résultats
officiels de la présidentielle annoncés par le Conseil constitutionnel,
Ould Haidalla avait obtenu 18,67% contre 67,02% de voix pour l’actuel
président Maaouiya Ould Taya.
Arrêté au lendemain de la publication des résultats,
M. Haidalla a été jugé et condamné le 28/12
à 5 ans de prison avec sursis et à la privation de ses droits
civiques et politiques.
Les avocats d’ Ould Haidalla ont confirmé avoir reçu
de leurs clients l’instruction de se pourvoir en cassation devant
la Chambre pénale de la Cour suprême. Ils estiment que, selon
la loi, Ould Haidalla et ses collaborateurs continuent de jouir de leurs
droits civiques et civils durant la période de la procédure
de cassation.
Outre, M. Haidalla, trois autres prévenus dont son fils aîné,
ont été condamnés à 5 ans de prison avec sursis
et à la privation de leurs droits civils et civiques pendant cinq
ans.
Quatre autres accusés, également membres de l’équipe
du candidat, ont été condamnés à 2 ans de
prison avec sursis et 200.000 ouguiyas d’amende (625 euros), tandis
que six autes personnes ont été acquittées.
La Raddho dénonce une liquidation politique
La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme
(Raddho) a dénoncé dans un communiqué
«la liquidation politique pure et simple d’Haidalla et de
ses compagnons». «Avec ce verdict Haidalla perd tous ses droits
civiques et politiques et se trouve sous la menace d’une incarcération
sous n’importe quel prétexte», a souligné la
Raddho.
«C’est inacceptable! Le verrouillage politique qui bloque
toute possibilité de conquête du pouvoir par des voies démocratiques
et pacifiques en Mauritanie constitue une bombe à retardement»,
a encore estimé l’Organisation.
La Raddho a recommandé «que Haidalla et ses compagnons, tous
victimes d’un procès politique (...) soient purement et simplement
acquittés afin qu’ils recouvrent tous leurs droits civiques
et politiques» dans la perspective de compétitions électorales.
De son côté, le porte-parole du ministère
de la Justice, Sall Aliou Moussa, a estimé
que la Cour criminelle «a tranché souverainement» dans
ce procès. «La Cour a tranché souverainement, conformément
à ses convictions, ce qui démontre que la Mauritanie est
un pays démocratique où règne le droit et où
la liberté et l’indépendance de la Justice sont une
réalité vécue sur le terrain», a déclaré
Aliou Moussa dans un point de presse.
Selon lui, le procès qui a été suivi au plan national
et international dans la transparence totale, a permis à toutes
les parties «d’agir dans la liberté, conformément
à la constitution et aux lois en vigueur».
Pas vraiment l’avis des organisations mauritaniennes de défense
des droits de l’Homme qui continuent à protester contre la
condamnation de leur ancien président. Dans un communiqué
conjoint, l’ONG SOS-Esclaves et l’Association
mauritanienne pour la défense des droits de l’Homme (AMDH)
ont dénoncé le «caractère purement politique»
du procès, estimant qu’il n’avait «aucun fondement
juridique».
Ces condamnations visent «à écarter, sans raison juridique
valable, des citoyens de l’échiquier politique en les privant
de leurs droits civiques», ont estimé les deux ONG dans ce
texte.
Dans une précédente déclaration, l’AMDH et
la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
(FIDH) s’étaient déclarées «extrêmement
préoccupées» de la condamnation de l’ancien
président mauritanien.
M. Ould Haidalla a dirigé la Mauritanie de 1980 à 1984.
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