N° 286
du 20/01/2004

Mauritanie

L’opposant islamiste Ould Mansour accusé de «délit de fuite»
La justice mauritanienne accuse l’opposant islamiste Mohamed Jemil Ould, membre du Rassemblement des forces démocratiques (RFD, opposition) et ancien maire d’Arafat (commune de Nouakchott), arrêté le 8 janvier à Nouakchott à son retour d’exil en Belgique, de «délit de fuite», a annoncé son avocat, Me Ibrahim Ould Ebetty.
«Ce délit de fuite est démenti par les faits (la tentative de coup d’Etat) du 8 juin (2003), puisque le détenu a été contraint par ses geôliers de sortir de la prison», a estimé l’avocat.
Jemil Ould Mansour avait été inculpé début juin de «complot contre l’ordre constitutionnel», en même temps qu’une quarantaine d’autres personnes arrêtées dans les milieux islamistes. Le 8 juin, lors de la tentative de putsch lancée contre le régime de Maaouiya Ould Taya, tous les détenus avaient quitté la prison et M. Ould Mansour s’était enfui au Sénégal, puis en Belgique.
En août, les islamistes inculpés avaient bénéficié d’une mesure de liberté provisoire.
Selon Me Ould Ebetty, l’accusation de «délit de fuite», passible de 6 mois à 5 ans de prison, est «illégale et injustifiée dans la mesure ou les faits du 8 juin la démentent».
Par ailleurs, Salek Ould Sidi Mahmoud, porte-parole des islamistes, a condamné l’arrestation de Ould Mansour et exigé sa «libération immédiate». «Cet opposant a décidé de rentrer au pays pour contribuer au changement politique pacifique», a-t-il affirmé dans les locaux du Parti unioniste, démocratique et socialiste (PUDS, opposition, obédience nationaliste arabe).
Le secrétaire général du PUDS, Yahya Ould Mahmoud Othmane, a de son côté appelé le gouvernement à «entamer le dialogue avec l’opposition en vue de sortir la Mauritanie de la crise politique grave dans laquelle elle se débat».
La Coordination de l’opposition mauritanienne en Europe (Come) a «condamné sans réserve» l’arrestation de Mohamed Jemil Ould Mansour. Dans son communiqué, la Come affirme «joindre sa voix à celle de tous les démocrates pour condamner sans réserve l’arrestation arbitraire» de l’opposant, dont elle réclame la «libération sans condition».

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