N° 197
du 28/11/1999

Niger


M. Tandja Mamadou,
le nouveau président du Niger

Éternellement coiffé d'une chéchia rouge, ce colonel à la retraite n'a plus guère des allures de militaire, si ce n'est une certaine froideur, atténuée par une voix calme, presque douce, qui sied mal à sa carrure imposante.

Né en 1938, à Maïné-Soroa, dans le département de Diffa, (extrême sud-est, région frontalière du Nigeria), comme Ousmane, il est de l'ethnie Kanuri.
Tandja Mamadou est marié et père de dix enfants.
Après ses études primaires, il fréquente l'école militaire de Kati, au Mali entre 1955 et 1959. Ensuite, il s'envole pour Madagascar, où il suit les cours de l'école de sous-officiers de Tananarive, de 1959 à 1963.
En 1965, il est admis à l'école des officiers de Bouaké en Côte d'Ivoire, d'où il sort Sous-lieutenant, en juillet 1967.
Nommé lieutenant en octobre 1969, il passe au grade de capitaine le 1er août 1975 puis est promu chef de bataillon le 1er janvier 1981 et admis au grade de lieutenant-colonel le 1er janvier 1987.
Il a occupé durant sa carrière militaire divers postes de commandements, notamment celui commandant de la compagnie de génie militaire de la célèbre "Route de l'unité et de l'amitié nigero-canadienne" (Gouré-Diffa), entre 1972 et 1976, un poste dont il tire une certaine fierté aujourd'hui encore.
En 1976, il est nommé préfet de Maradi, puis ministre de l'Intérieur, de 1979 à 1981.
Il redevient préfet, de la région de Tahoua, entre 1981 et mars 1988, avant d'être nommé ambassadeur au Nigeria, de juin 1988 à mars 1990. Il terminera sa carrière administrative à nouveau comme ministre de l'Intérieur de mars 1980 à mars 1991.

Il est président du Mouvement national pour la société de développement (MNSD-Nassara) depuis le 5 novembre 1991, l'ancien parti unique ayant enfilé des habits neufs en mars de cette même année.
En 1993, M. Tandja, arrivé en tête du premier tour est battu au deuxième par M. Ousmane. A l'époque, persuadé d'avoir été battu par la fraude, il a toutefois lancé un appel au calme et demandé à ses partisans d'accepter sa défaite pour éviter de violents affrontements.
Vieux routier de la politique nigérienne, il avait déjà participé en avril 1974 au coup d'Etat qui a renversé le premier président, Diori Hamani, devenant membre du Conseil militaire suprême (CMS) du président Seyni Kountché qui a dirigé le pays jusqu'en 1987.


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