Mahamane Ousmane, 45 ans, dirigeait le pays depuis avril
1993 avant d'être destitué par le colonel
Maïnassara en janiver 1996.
Premier chef de l'Etat démocratiquement élu
(55,42 % des voix), ce social-démocrate avait mis fin
à près de vingt ans d'un régime d'exception
(1974-1993).
Né en 1950 à Zinder (750 km à l'est de
Niamey), dans une famille musulmane d'agriculteurs kanouris, M.
Ousmane est le premier président nigérien à ne
pas appartenir à l'ethnie djerma, majoritaire dans le
sud-ouest du pays.
Partisan d'une "économie mixte" et de "privatisations en
douceur", M. Ousmane, qui a étudié en France et au
Canada, est diplômé en économie monétaire
et financière, ingénieur en statistiques
économiques.
Rentré au pays en 1980, il a dirigé à partir de 1986 le Bureau d'organisation et de méthodes, organisme consultatif chargé d'élaborer des plans de développement, jusqu'à son élection à la présidence le 27 mars 1993. Deux ans plus tôt, en janvier 1991, il avait créé son parti, la Convention démocratique et sociale (CDS, sociale-démocrate), après la décision, fin 1990, du général Ali Saïbou, précédent président du Niger, d'instaurer le multipartisme. Il s'était ensuite révélé par son activité au sein du Comité de coordination et de liaison qui regroupait les formations politiques, syndicats et associations déterminées à en finir avec le régime mis en place depuis 1974.
A peine élu, Mahamane Ousmane s'est trouvé
confronté à la fois à une grave crise sociale et
économique, une résurgence de l'intégrisme
musulman et la rébellion touarègue (avec laquelle il
parviendra à un accord de paix le 24 avril 1995). Mis en
minorité à l'Assemblée dès septembre
1994, à la suite d'un renversement d'alliances, battu aux
législatives anticipées de janvier 1995, il a dû
se résoudre en février 1995 à installer à
la tête du gouvernement Hama Amadou, un des chef de file de la
nouvelle majorité parlementaire, conduite par leMNSD-Nassara,
parti dirigé par Tanja Mamadou.
Le 25 janvier 1996, après le refus du chef de l'Etat de
promulguer la loi de finances, un nouveau gouvernement avait
été formé, largement dominé par des
opposants à M. Ousmane.
Le 27 janvier 1996, le président Mahamane Ousmane fut destitué par un coup mené par le colonel Baré.